Symboles en péril

Symboles en péril

Panda _ Symbole du WWF

Ces animaux, à tel point vénérés qu’ils ornent drapeaux, écussons et armoiries diverses, étaient pourtant menacés de disparition à la fin des années 70, non seulement par la chasse, mais aussi par la destruction de leur habitat naturel.  Avons-nous réussi à préserver ces symboles en péril ?

 Symboles en péril : Le lion

Le lion, “roi des animaux”, est cité plus de cent fois dans la bible et incarne dans de nombreux contes et romans à la fois le courage, la force, la noblesse… Il apparait sur de nombreuses armoiries, souvent dans des régions où il n’existe pas (plus) à l’état sauvage : Angleterre, Inde, Kenya, Burundi, Sénégal, Swaziland, Singapour, Cambodge, Sri Lanka … Les lions qui occupaient l’Europe orientale et le Moyen-Orient jusqu’au IIème siècle et l’Afrique du Nord jusqu’au milieu du XIXème siècle, ne vivent plus à l’état sauvage qu’au sud du Sahara (en majorité dans le Parc National du Serengueti en Tanzanie) et dans le Nord-Ouest de l’Inde (forêt de Girnar). Le lion souffre de l’expansion des terres agricoles, de la fragmentation  des territoires de chasse et du manque de gibier, principalement pendant les périodes de sécheresse. Il est aussi la proie de chasseurs avides de sensations fortes et prêts à tout pour un stupide trophée et des tueries aveugles pour la défense du bétail. A la fin des années 70, les éleveurs indiens réclamaient l’élimination des derniers lions d’Asie fussent éliminés pour protéger leurs troupeaux. La En 1979, la population de lions africains était estimée à 200 000 adultes et celle des lions d’Asie à moins de 250. La population globale est estimée entre 23 000 et 39 000 adultes.

 Symboles en péril : Le tigre

Le tigre apparait sur les armoiries de la Malaisie, de Singapour, du Malawi… On trouve des tigres dans toute l’Asie, depuis le Caucase jusqu’en Sibérie… A la fin des années 60, l’Inde exportait chaque année près de trois mille peaux de tigres. A la fin des années 70, ce pays a interdit ce commerce et créé 11 réserves de tigres du Bengale (avec l’aide du WWF et du Smithsonian Institute). Le Népal, le Bangladesh et le Bouthan ont adopté à leur tour des mesures similaires. On estimait alors qu’il ne restait plus que 2 000 à 3 000 tigres du Bengale, contre 40 000 au début du XXème siècle. Les autres sous-espèces de tigres étaient encore plus menacées. On ne comptait plus que 200-300 tigres de Sibérie, 400-500 tigres de Sumatra (Indonésie), quelques tigres de la Caspienne (Turquie), de Chine et de Java, mais plus aucun tigre de Bali ou de Singapour (disparu en 1932). La population mondiale de tigres en liberté était estimée à 4 000 contre 100 000 en 1900. Le tigre a été inscrit sur la liste rouge des animaux en danger de l’UICN en 1969 et de nombreux pays en ont interdit la chasse et le commerce des peaux, ce qui a permis de donner une chance de survie à plusieurs sous-espèces particulièrement menacées. Au cours du XXème siècle, le nombre de tigres a diminué de 95% et 4 sous espèces se sont éteintes (Bali, Singapour, Java, Caspienne). Aujourd’hui, le tigre est inscrit sur la liste rouge de l’UICN dans la catégorie “espèce en danger”. La population totale semble en augmentation depuis quelques années, avec 3 890 félins sauvages répertoriés par le WWF et le Global Tiger Forum (GTF) en 2016, contre 3 200 en 2010. La sous-espèce qui s’en est la mieux sortie reste le tigre du Bengale, alors que les autres voient leur survie sérieusement compromise (les tigres de Sumatra et de Malaisie sont classés comme sous-espèces en danger critique). Le tigre est, comme le lion,  menacé par la destruction de son habitat et par le braconnage. Comme son cousin Africain, il est la cible d’individus crédules et/ou crétins qui espèrent s’approprier une part de sa puissance en consommant certains de ses organes.

Symboles en péril : Le perroquet impérial

Le perroquet impérial amazone  a été hissé au rang de Trésor National de La Dominique dont il orne l’emblème et le drapeau national. Ce magnifique oiseau était la cible des collectionneurs du monde entier et la plupart (4/5) mourraient pendant le transport. Répandu autrefois dans la région des Caraïbe à proximité de la Martinique et de la Guadeloupe, cette espèce endémique ne se trouvait plus que sur la montagne du Morne Diablotin au Nord de la Dominique. A la fin des années 70, il ne restait plus qu’environ 150 perroquets impériaux à l’état sauvage.  Le perroquet impérial amazone est inscrit sur la liste rouge de l’UICN comme espèce en danger. On estime la population actuelle à seulement 250-350 individus (160-240 adultes), soit une légère progression depuis 1993 où elle avait chuté à quelques 80-100 individus. Ce perroquet, qui ne se reproduit qu’une année sur deux, reste menacé par la diminution de son habitat (principalement à cause des plantations de bananes) et par la capture. Heureusement, le commerce local a été pratiquement éliminé grâce à un programme éducatif réussi.

Symboles en péril : L’aigle chauve

Symbole depuis toujours de force, de courage et de liberté, l’aigle a accompagné  les conquêtes des légions romaines et des troupes napoléoniennes. Plus tard, le pygargue à tête blanche, présent uniquement en Amérique du Nord, a été choisi comme emblème d’indépendance par le Congrès Américain. Au sommet de la pyramide alimentaire, se nourrissant essentiellement de poissons, l’aigle chauve (appellation abusive) pouvait accumuler dans ses tissus les molécules chimiques (PCB, DDT…) et les métaux lourds (plomb de chasse) présents dans ses proies et qui provoquaient une forte baisse de son taux de reproduction. De plus, cet emblème américain était souvent victime des chasseurs, des agriculteurs, de la réduction de son habitat naturel et des lignes électriques haute-tension. D’abord protégé par le traité américain sur les oiseaux migrateurs de 1918, puis par le Bald Eagle Protection Act de 1940  qui  en interdisait la capture et la chasse, le pygargue à tête blanche a été déclaré espèce menacée par les États-Unis en 1967. En 1972, le pesticide DDT fut enfin interdit aux Etats-Unis, ce qui permit de restaurer progressivement le taux de reproduction du pygargue à tête blanche dont on estimait à la fin des années 70 la population sur l’ensemble des Etats-Unis à trois ou quatre mille. Les mesures de protection mises en place pour protéger l’emblème des Etats-Unis d’Amérique ont été efficaces et la population augmente régulièrement depuis une quarantaine d’années (multipliée par 8), jusqu’à être classé dans la catégorie des espèces les moins menacées de la liste rouge de l’UICN.

Symboles en péril : Le kangourou

Le grand kangourou, espèce endémique de l’Australie, en est devenu le symbole (avec le koala). C’est le kangourou rouge, le plus menacé, qui figure sur les armoiries de l’Australie, les billets de banque, sur les avions de la Royal Australian Air Force et de la compagnie aérienne Quantas. Il vit aussi bien dans les plaines australiennes que dans les déserts et les forêts. En 1980, environ un million de kangourous étaient commercialement exploités chaque année. Le gouvernement australien, estimant que quelques espèces trop abondantes de kangourous menaçaient l’élevage de moutons (concurrence pour les pâturages), tolérait le commerce de fourrure et de viande. Il n’avait pas cru nécessaire de créer de parc national naturel pour protéger la biodiversité particulière du pays, d’autant plus que ce commerce pesait favorablement dans la balance commerciale. L’industrie américaine importait chaque année près de 1,3 million de peaux de kangourous.

La déforestation massive pendant des décennies, visant à créer de vastes plaines pour l’élevage des moutons, a fini par causer un bouleversement des écosystèmes de l’Australie. Les kangourous, comme d’autres animaux sauvages,  sont souvent perçus comme des animaux nuisibles pour l’économie agricole, et sont massivement abattus. Aujourd’hui, le gouvernement Australien décide du quota d’individus à prélever (15 à 20 %) en fonction de la population de kangourous qui varie entre 15 et 35 millions d’individus, ce qui représente chaque année près de 3 millions de kangourous abattus pour la viande, pauvre en graisse, et le  cuir, souple et résistant, réputé le plus fin des cuirs. Ce massacre entraine la mort supplémentaire de 1,1 million de jeunes, auxquels il faut ajouter quelques centaines de milliers d’autres kangourous abattus illégalement. L’économie du kangourou représente plus de 200 millions de dollars australiens et fait vivre plus de 4 000 personnes. De plus, réguler la population de kangourous s’avère indispensable, compte tenu de la grande prolificité de cet animal parfaitement adapté aux dures conditions climatiques. Sans chasse, le kangourou deviendrait rapidement une espèce invasive (comme le lapin au début du XXème siècle) et sa population, augmentées de 30 %, menacerait la biodiversité et l’agriculture de l’Australie.

Symboles en péril : Le condor des Andes

Les habitants des Andes (Pérou, Bolivie, Chili, Colombie, Equateur) vouent depuis des millénaires un culte au condor dont le territoire s’étend tout le long de la Cordillère des Andes, depuis l’océan Pacifique jusqu’au sommet des montagnes. La population de condors des Andes a pourtant été réduite à quelques milliers d’individus à la fin des années 70, victime des éleveurs (alors que le condor, nécrophage, ne s’attaque jamais au bétail), des chasseurs de trophées et des sacrifices rituels. Le Chili a fini par reconnaitre le condor des Andes comme espèce en danger et a pris des mesures pour sa protection. Le condor des Andes, dont la population est aujourd’hui estimée à 6700 adultes, est inscrit sur la liste rouge de l‘UICN, dans la catégorie des espèces quasi-menacées. La perte d’habitat, l’ingestion de munitions au plomb et la persécution par les agriculteurs sont les principales menaces qui pèsent sur cet oiseau. Les programmes de reproduction en captivité et de réintroduction ne permettent pas d’inverser le déclin de l’espèce, à cause d’un taux de reproduction particulièrement faible (tous les 2 à 3 ans).

Symboles en péril : Le quetzal

Le quetzal resplendissant, oiseau sacré des Aztèques, est au Guatemala l’oiseau de la liberté, à la fois présent sur les armoiries du pays et unité monétaire. Il vit entre 2000 et 3000 mètres d’altitude, dans les forêts équatoriales d’Amérique Centrale, du Sud du Mexique au Panama. Une étude en 1978 a permis d’alerter sur la décroissance rapide de la population de quetzal, victime du braconnage. Il faut dire que vendre un seul couple d’oiseaux vivants représentait deux mois de salaire et que le taux de perte était épouvantablement élevé (on estimait que 98% des oiseaux succombaient avant d’arriver au zoo). Aujourd’hui, le quetzal resplendissant, dont la population est estimée entre 20 000 et 50 000 individus, est inscrit sur la liste rouge de l‘UICN dans la catégorie des espèces quasi-menacées. L’une des principales menaces est la diminution de son habitat liée à la déforestation.

Symboles en péril : Le panda géant

Tout le monde connait le panda géant, symbole diplomatique de l’amitié en Chine et emblème officiel de World Wildlife Foundation (WWF). Le panda géant vit dans les forêts de bambous des montagnes du Sichouan et de Kansou, au cœur de la Chine, ainsi que sur les contreforts de l’Himalaya. En 1970, l’UICN a estimé à quelques centaines d’individus l’effectif des grands pandas et l’a inscrit sur la liste rouge des espèces en danger. Des tentatives de reproduction en captivité ont été réalisées, notamment en Chine, avec un succès relatif. En 1980, la Chine a fini par créer une zone protégée de 400 kilomètres carrés près de la frontière tibétaine pour protéger les pandas et 25 autres espèces menacées. Bien entendu, le sort du peuple tibétain n’entrait pas dans les préoccupations du Gouvernement Chinois. Il ne resterait aujourd’hui que 500 à 1000 adultes vivant à l’état sauvage. La principale menace à laquelle il doit faire face est la fragmentation de son habitat (à cause de l’agriculture) qui a contribué à disperser la population en de nombreux petits groupes (33 sous-populations dont 18 contiennent moins de 10 individus). Cette fragmentation accroît la vulnérabilité à l’extinction par la perte de diversité génétique liée à la stochasticité environnementale et démographique. La Chine a créé 33 réserves et a lancé un  important programme d’élevage en captivité. Pour contourner l’extrême difficulté de la reproduction des pandas géants en captivité (la période de chaleurs ne dure que quelques jours par an), les scientifiques chinois ont développé des techniques de fécondation artificielle relativement efficaces. En 2005, 21 pandas, nés à la suite d’inséminations artificielles, ont survécu. Hors de Chine, très peu de zoos détiennent des pandas géants, ce qui s’explique par des coûts d’entretiens très onéreux et les sommes particulièrement élevées demandées par le gouvernement chinois pour la location d’un couple de ces animaux. Ainsi en 2011, le zoo d’Ueno (près de Tokyo) s’est vu prêter deux pandas pour une période de dix ans, pour un prix de 950000 dollars par an. L’argent est versé en principe à un fonds de protection des pandas dans leur milieu naturel, sous la direction de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES).

Faire-part de décès : Les espèces animales éteintes

L’hécatombe

 

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