L’inexorable épuisement des ressources naturelles

L’inexorable épuisement des ressources naturelles

African memory
African memory

Partie 1

La croissance économique se heurte aux limites physiques des ressources disponibles sur notre planète, la seule à notre disposition. Les auteurs de l’Almanach Cousteau de l’Environnement déclaraient en 1981 : « C’est à notre génération d’assurer la transition et de sacrifier son mode de vie ». Ils imaginaient encore des perspectives intéressantes pour l’humanité puisque, comme dit le proverbe chinois « Le temps du chaos est une époque de grandes occasions ». En 2019, nous en sommes à pleurer sur les occasions manquées. Force est de constater que nous n’avons pas su adapter notre croissance économique à la finitude des ressources de la Terre et à la fragilité d’équilibres qui ont nécessité des centaines de millions d’années pour s’installer.

La sixième grande extinction a commencé depuis longtemps

Les scientifique n’auraient décrit et classé que 9% des espèces marines et 14 % des espèces terrestres, sur les quelques onze millions d’espèces vivantes estimées. La plupart des espèces vivantes risquent d’avoir disparu de la planète avant que les scientifiques aient fini l’inventaire.

Notre planète a connu cinq grandes extinctions des espèces, toutes naturelles. La cinquième est celle du Crétacé-Tertiaire, il y a quelques 65 millions d’années, qui a vu la disparition des dinosaures, peut-être à cause de la chute d’une météorite. Jamais depuis cette période la planète n’a vu disparaître ses espèces animales à un rythme aussi effréné que depuis le vingtième siècle. Nous assistons à la sixième extinction massive des espèces, mais cette fois, la pression anthropique y joue un rôle prépondérant. Engoncé dans ses certitudes, l’être humain continue de se croire au-dessus des lois naturelles et protégé par sa fabuleuse intelligence et sa technologie. Il devrait pourtant savoir que sa propre espèce fera probablement partie des espèces condamnées à disparaître. Il faudra peut-être plusieurs millions d’années pour retrouver la biodiversité du début du XXème siècle. La Liste rouge de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) constitue l’inventaire mondial de référence de l’état de conservation global de milliers d’espèces végétales et animales dans toutes les parties du monde. En 2018, 26840 espèces sur les 96951 étudiées ont été classées comme menacées, soit 40% des amphibiens, 34% des conifères, 33% des coraux de récifs, 31% des requins et raies, 25% des mammifères et 14% des oiseaux. Un article paru dans la revue Current Biology (D.A. Conde et al. Opportunities and costs for preventing vertebrate extinctions. Current Biology 25, 6, 219–221, 16 March 2015) a classé en fonction de leurs chances de survie, les espèces de vertébrés (mammifères, reptiles, oiseaux et amphibiens) à partir d’une liste de 841 animaux les plus menacés établie par l’ONG Alliance Zero extinction. Les chercheurs ont estimé que pas moins de 1,2 milliard d’euros par an seraient nécessaires pour sauver la totalité de ces 841 espèces pendant une période de vingt ans. Lorsqu’on classe ces espèces par pays, on a la malheureuse surprise de voir que la France est en tête du classement, à égalité avec le Brésil.

Il ne faut pas perdre de vue qu’une espèce animale éteinte disparait pour toujours de notre planète, Personne ne peut faire renaître une espèce dont les gènes ont été perdus définitivement avec la mort de son dernier représentant (sauf peut-être à Jurassic Park). Selon les lois de l’évolution naturelle, ce sont les espèces les moins adaptées à leur environnement qui devraient disparaître. Ce n’est plus le cas aujourd’hui…

Les traités internationaux pour la protection des espèces en danger se sont succédé… sans pouvoir empêcher l’hécatombe. La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Convention de Washington, 1973) n’a pas fait le poids face aux enjeux financiers colossaux que représentait ce marché illicite. Par exemple, le prix de l’ivoire avait été multiplié par 10 durant les années 70, ce qui rendait ce trophée irrésistible pour les braconniers : Entre 100 000 et 400 000 éléphants d’Afrique auraient été massacrés pour leurs défenses au cours de la seule année 1978 ! Si la contrebande d’animaux sauvages rivalisait avec le trafic de drogue, les peines encourues étaient sans commune mesure. Par exemple, en 1979 la Hong Kong Fur Factory Ltd n’avait été condamnée qu’à une simple amende de de 1540 $ pour avoir importé illégalement 319 peaux de guépards éthiopiens d’une valeur de 43 900 $. Les douaniers étaient plutôt désarmés pour lutter efficacement contre ce fléau, même si des services spécialisés dans le commerce de la faune exotique avaient été créés, comme aux États-Unis ou en France (Office national de la chasse et de la faune sauvage). Bien que le commerce international de l’ivoire fasse l’objet d’un moratoire depuis 1989, la guerre contre le trafic de l’ivoire et des cornes de rhinocéros est loin d’être gagnée. Le braconnage ne connait pas les frontières des réserves naturelles. Le trafic mondial de l’ivoire et de la corne de rhinocéros représente chaque année un chiffre d’affaires de 20 milliards de dollars. Ainsi, 105 tonnes d’ivoire illicite ont été officiellement détruites à Nairobi le 30 avril 2016. Ce trafic est contrôlé par les réseaux mafieux et par les groupes armés rebelles comme les islamistes Chebab somaliens qui y trouvent un moyen de financement. Chaque année, près de trente-cinq mille éléphants et un millier de rhinocéros sont massacrés pour le profit d’une minorité d’individus. Le prix de vente d’un kg de poudre de corne de rhinocéros est estimé à 60 000 $, Soit le double de celui de l’or et du platine.

La régression généralisée des biotopes liée à l’urbanisation et à l’agriculture (déforestation, assèchement de marécages, détournement de cours d’eau, pollutions…) a accéléré le déclin des espèces animales, en particulier dans les pays pauvres où la lutte pour la terre arable est acharnée et où la préservation de la nature n’est pas une priorité face aux problèmes de survie des populations.

Faire-part de décès : Les espèces animales éteintes

L’hécatombe

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