Ceux qui nous ont quittés… définitivement

Ceux qui nous ont quittés… définitivement

African memory
African memory

L’inexorable épuisement des ressources naturelles – partie 2

Ceux qui nous ont quittés… définitivement

Le dodo a disparu

Le dodo est l’archétype de l’espèce animale dont la disparition survenue à l’époque moderne est directement imputable à l’activité humaine. Ce gros oiseau incapable de voler a vécu pendant des siècles sur l’île Maurice, sans véritables prédateurs. Malheureusement, son île fut découverte en 1507 … et le dernier spécimen de l’espèce fut aperçu en 1681. Lent et incapable de voler, le gros oiseau n’avait aucune chance de s’en sortir face aux prédateurs humains. Un demi-siècle après la disparition du dernier des dodos, la plupart des Mauriciens en avait déjà oublié jusqu’à l’existence Aucun scientifique européen n’en avait vu le squelette et le rare spécimen empaillé au Musée d’oxford était dans un état si délabré qu’il fut jeté aux ordures. Des ossements retrouvés dans un marécage en 1863 permirent de reconstituer plusieurs squelettes et d’apporter la preuve que  le dodo n’était pas un mythe en comparant ces squelettes avec des croquis du XVIIème siècle.

Le grand pingouin a disparu

Le grand pingouin, un grand oiseau d’environ 80 centimètres, excellent nageur, mais incapable de voler et maladroit sur la terre ferme, vivait sur les rives de l’Atlantique Nord. Il devait revenir sur le rivage pour pondre et c’est ce qui a causé sa perte. La tuerie des grands pingouins avait commencé dès la préhistoire, il y a plus de 100 000 ans, mais ce sont une fois de plus les européens qui portèrent la plus grande part de responsabilité dans l’anéantissement de cette espèce dont la population se comptait en millions. C’était facile, il suffisait de surprendre dans leurs nids ces grands oiseaux patauds pour détruire d’un coup deux générations. Tout était bon dans le grand pingouin. Le surplus de viande faisait d’excellents appâts pour la morue, les duvets rembourraient les oreillers, la graisse servait d’énergie gratuite… Au cours des XVIIème et XVIIIème siècles, le massacre s’amplifia et il ne restait plus en 1821 que quelques survivants qui s’étaient réfugiés près de l’Islande sur le Geirfuglasker (“île du Grand Pingouin”). Décidément, ces oiseaux avaient la poisse car le Geirfuglasker disparu sous les vagues en 1830, suite à une éruption volcanique. La cinquantaine de survivants réussit à joindre l’île volcanique d’Eldey. L’absurdité humaine étant sans limite, des collectionneurs imbéciles offrirent des sommes importantes pour posséder un spécimen empaillé, un squelette ou un œuf en bon état. Les deux derniers grands pingouins de la planète ont été capturés par des pêcheurs islandais et vendus en 1844 à des collectionneurs, pour une centaine de couronnes.

Le couagga a disparu

Le couagga était une sorte d’âne brun à qui on aurait greffé une tête de zèbre et qui ne vivait que dans la savane herbeuse d’Afrique du Sud. Les explorateurs hollandais débarquèrent au Cap de Bonne Espérance en 1652 et lLe massacre commença… Le couagga fut massivement chassé pour sa peau, sa viande et parce qu’il était considéré comme nuisible, car en concurrence pour les pâturages avec les espèces domestiques. En 1870, les boers tuèrent le dernier couagga sauvage. Les quelques rares tentatives d’élevage de couagga en captivité furent menées bien trop tard pour sauver l’espèce.

 Le pigeon migrateur américains a disparu

Le pigeon migrateur américain, dont l’aire de répartition couvrait les deux tiers des Etats-Unis, fut l’espèce d’oiseau la avec la population la plus nombreuse au Monde. Au début du XIXème siècle, en 1810, l’ornithologue américain Alexander Wilson décrivit au dessus du Kentucky des groupements gigantesques de plus de 2 milliards de pigeons migrateurs, sur près de 360 kilomètres de longueur et plus d’un kilomètre de large ! Les fientes paraît-il,  grêlaient le sol sans discontinuer pendant près de quatre heures… La disparition de cette espèce semblait inconcevable. Pourtant, un siècle plus tard, en 1914, le dernier pigeon voyageur américain mourut au zoo de Cincinnati, après avoir survécu dix ans à ses frères sauvages. Comment en est-on arrivé là ? Le pigeon migrateur avait été déclaré nuisible à l’agriculture, sa tête fut mise à prix et une chasse totalement incontrôlée fut décrétée qui décima cette espèce en à peine un siècle. Il faut dire que tuer des pigeons volant à faibles altitudes en groupes compacts était d’une simplicité enfantine. Nul besoin de savoir viser, nul besoin même de fusil car il suffisait de les frapper en faisant tournoyer un bâton. Manger du pigeon devint à la mode au XIXème siècle, en particulier le poussin, et des chargements entiers étaient livrés dans les grandes villes de l’Est des États-Unis (dix millions de pigeons livrés chaque année entre 1866 et 1876). Le pigeon devint aussi la cible favorite du tir “sportif” chez les citadins américains en mal de “sensations fortes”. En 1878, près de 136 millions de pigeons se posèrent dans la région de Petoskey (Michigan). En un mois les chasseurs exterminèrent cette dernière grande colonie et livrèrent trois cent tonnes de gibier. Le cas du pigeon migrateur pourrait être comparé à celui de la morue de Terre Neuve, dont la population à la fin des années 80 n’était plus que de 1% de son niveau d’origine. Le fait d’exterminer une colonie pouvait faire disparaître par la même occasion l’espèce toute entière.

Faire-part de décès : Les espèces animales éteintes

L’hécatombe

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