Tourisme de jadis et de naguère

Tourisme de jadis et de naguère

L’Almanach Cousteau de l’Environnement – Le travail, les loisirs – pages 583

La baignade à Etretat (Eugène Le Poittevin, 1858)

Le tourisme n’est pas vraiment un phénomène nouveau, mais il a été longtemps réservé à une élite fortunée.

A l’époque de la Grèce antique, Canope permettait aux riches de la cité d’Alexandrie de venir se détendre sur un bras du Nil, loin du tumulte de la ville. Plus tard, la cité gréco-romaine de Baiae, au bord de la baie de Naples, fut prisée pour son luxe et sa dépravation, jusqu’au V° siècle. C’était aussi une station thermale réputée pour ses vapeurs naturelles sortant des grottes au milieu des bois de myrte.

Le principe de la photo-souvenir n’est pas vraiment moderne puisqu’il existait déjà dans la Rome antique. Des touristes fortunés se faisaient peindre sur fond de monuments prestigieux comme le Colisée.

Le premier voyage organisé fut peut-être inventé en Italie au XVIII° siècle. Le “vetturino”, d’une malhonnêteté proverbiale, organisait les voyages et guidait les voyageurs à destination. A la même époque,  de jeunes aristocrates britanniques faisaient leur “Grand Tour”, un voyage initiatique d’un an à travers l’Europe. Hivernant à Nice avant de passer les Alpes, ils sont à l’origine de la tradition touristique de la Côte d’Azur.

Thomas Cook peut lui aussi être considéré comme l’inventeur des voyages organisés. Il a commencé à en organiser sur le territoire britannique dans les années 1840. En 1855 il proposait à ses client un forfait tout compris (voyage, hébergement, restauration) jusqu’à l’Exposition Universelle de Paris. Il a inventé les coupons d’hôtel en 1868 et le chèque-voyage en 1874. Il a organisé la première croisière sur le Nil en 1869 et le premier voyage organisé autour du monde en 1872 (45 000 km – 222 jours.

C’est au XIX° siècle que la “French Riviera”  (devenue “Côte d’Azur” en 1887) a commencé à attirer des touristes, du moins ceux qui en avaient les moyens. En 1820, Nice comptait plus de 100 familles britanniques. La reine Victoria, elle-même y passa les sept hivers précédant sa mort.

Quant au bronzage, ce n’est qu’au XX° siècle qu’il devint à la mode chez les riches. Durant des millénaires, la mode dans les classes aisées était à la peau blanche. Ainsi, les athéniennes s’intoxiquaient sans le savoir en s’enduisant la peau du visage avec du blanc de céruse. Aujourd’hui, certains se mettent en danger en passant des heures à se dorer au soleil ou dans des solariums…

Partagez si vous aimez ...

Comments are closed