Symboles en péril : Le panda géant

Panda _ Symbole du WWF

Panda _ Symbole du WWF

L’Almanach Cousteau de l’Environnement – Les quatre grands changements : Les choses qui disparaissent – pages 312-313

 

Tout le monde connait le panda géant (Ailuropoda melanoleuca), symbole diplomatique de l’amitié en Chine dont le gouvernement en avait offert à différents zoos dans le monde (Vincennes, Smithsonian Zoological Park de Whashington…). Emblème officiel de World Wildlife Foundation (WWF), c’est aussi le symbole des efforts pour protéger les espèces en danger à  travers le monde. Le panda géant vit dans les forêts de bambous des montagnes du Sichouan et de Kansou, au cœur de la Chine, ainsi que sur les contreforts de l’Himalaya. En 1970, l’UICN a estimé à quelques centaines d’individus l’effectif des grands pandas. Alors que WWF avertissait qu’il pourrait ne subsister qu’une soixantaine d’individus, l’État chinois affirmait en 1979 que pas moins d’un millier de grands pandas vivaient disséminés dans la seule province du Sichouan. Le panda géant a été inscrit sur la liste rouge des espèces en danger et des tentatives de reproduction en captivité de cet animal ont été réalisées, notamment en Chine, avec un succès relatif. En 1980, la Chine a finit par créer une zone protégée de 400 kilomètres carrés près de la frontière tibétaine pour protéger les pandas et 25 autres espèces menacées. Bien entendu, le sort du peuple tibétain n’entrait pas dans les préoccupations du Gouvernement Chinois. Il faut comprendre que la vie humaine n’a pas la même importance en Europe qu’en Chine, pays où tuer un panda a longtemps été passible de peine de mort (cette peine a été remplacée par de la prison en 2010).

Le panda géant est inscrit comme espèce menacée sur la liste rouge de l’UICN et il ne resterait que 500 à 1000 adultes vivant à l’état sauvage. La principale menace à laquelle il doit faire face est la fragmentation de son habitat (à cause de l’agriculture) qui a contribué à disperser la population en de nombreux petits groupes (33 sous-populations dont 18 contiennent moins de 10 individus). Cette fragmentation accroît certainement la vulnérabilité à l’extinction par la perte de diversité génétique liée à la stochasticité environnementale et démographique. La Chine a créé 33 réserves réparties dans les provinces de Sichuan, Gansu et Shaanxi et a lancé un  important programme d’élevage en captivité. Pour contourner l’extrême difficulté de la reproduction des pandas géants en captivité (la période de chaleurs ne dure que quelques jours par an), les scientifiques chinois ont développé des techniques de fécondation artificielle relativement efficaces. En 2005, 21 pandas, nés à la suite d’inséminations artificielles, ont survécu. Hors de Chine, très peu de zoos détiennent des pandas géants, ce qui s’explique par des coûts d’entretiens très onéreux et les sommes particulièrement élevées demandées par le gouvernement chinois pour la location d’un couple de ces animaux. Ainsi en 2011, le zoo d’Ueno (près de Tokyo) s’est vu prêter deux pandas pour une période de dix ans, pour un prix de 950 000 dollars par an. L’argent est versé à un fonds de protection des pandas dans leur milieu naturel, sous la direction de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES).

 

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