Statistiques de l’énergie

L’Almanach Cousteau de l’Environnement – Le recensement mondial – pages 145-152

Centrale au charbon

Centrale au charbon

 

En 1976 la consommation mondiale d’énergie était de 40 milliards d’équivalents barils de pétrole. A la fin des années 80, les observateurs dénonçaient déjà la croissance dramatique de la consommation d’énergie qui avait triplé en 25 ans (1950-1976). C’est croissance n’a fait qu’augmenter jusqu’à aujourd’hui.

Dans les tableaux suivants nous avons comparé les chiffres concernant les productions, les consommations et les sources d’énergie en 1980 et en aujourd’hui. Les ressources désignent les quantités potentiellement exploitables, tandis que les réserves prouvées sont des ressources parfaitement identifiées et directement exploitables.

Production de pétrole et réserves prouvées (Mt)

 Production 1979Réserves 1980Production 2014Réserves 2015
Amérique du Nord5654 54365728 703
    Canada8692814123 531
    États-Unis4793 6155165 172
Amérique Latine2797 70451246 281
    Mexique804 2631311 339
    Venezuela1252 43814040 703
Afrique3337 78639417 258
    Algérie611 151661 664
    Libye1013 206236 598
    Nigeria1142 3741145 057
Europe71912 75282117 818
    Norvège1878486750
    Royaume-Uni792 10140407
URSS5859 14066516 217
Proche-Orient1 10449 3791 331109 568
    Arabie saoudite51022 71254336 260
    Irak1754 22916019 674
    Iran1457 91316921 528
    Koweït1309 34915113 847
Extrême-Orient et Océanie2515 3703956 282
Chine1082 7292113 363
Total monde3 25187 5344 109225 911
Source INSEE

Production de pétrole et réserves prouvées (%)

 Production 1979Réserves 1980Production 2014Réserves 2015
Amérique du Nord17,40%5,20%16,00%12,70%
Amérique Latine8,60%8,80%12,50%20,50%
Afrique10,20%8,90%9,60%7,60%
Europe22,10%14,60%20,00%7,90%
Proche-Orient34,00%56,40%32,40%48,50%
Extrême-Orient et Océanie7,70%6,10%9,60%2,80%

La première chose à constater est que les réserves prouvées ont fortement été revues à la hausse au cours de ces 35 dernières années (X 2,6), ce qui est normal, compte-tenu des progrès technologiques. Cela ne veut pas obligatoirement dire que les ressources potentielles ont-elles aussi augmentées. La part de chaque grande région dans la production mondiale de pétrole est relativement stable, si ce n’est une légère diminution de la part de l’Europe et du Proche-Orient, au profit de l’Amérique Latine et de l’Extrême-Orient. Cet équilibre ne semble pas devoir durer et les cartes vont être redistribuées, si l’on en croit l’évolution des réserves prouvées qui ont le plus fortement progressé en Amérique Latine, et dans une moindre mesure en Amérique du Nord. En 2014, les Etats-Unis sont d’ailleurs passés en tête des pays producteurs de pétrole, devant l’Arabie saoudite et La Russie. Cette pole-position américaine, inédite depuis les années 1970, est due à l’exploitation des hydrocarbures de schiste.

A la fin des années 70, les principales sources d’énergie étaient le pétrole, le charbon et le gaz naturel, loin devant le nucléaire et l’hydroélectrique. Il n’y avait pas encore de centrales d’énergie durable (éolien, biomasse, solaire…).

En 2016, le pétrole est toujours la première source d’énergie primaire utilisée dans le monde (32%), devant le charbon (27%), première source pour la génération d’électricité (40%), et le gaz (22 %). La consommation mondiale de pétrole continue d’augmenter à cause notamment des États-Unis, qui restent les plus gros consommateurs de pétrole, et de pays comme la Chine, la Brésil et l’Inde dont les besoins ont explosé. L’Arabie saoudite, deuxième producteur mondial, est le mauvais élève de la classe. Utilisant le pétrole (un quart de sa production) pour dessaler l’eau de mer et produire une partie de son électricité, le pays a vu sa consommation augmenter de 7,3% entre 2013 et 2014 (159 tep).

En 1980 les réserves prouvées de pétrole étaient estimées à 87,5 milliards de tonnes, celles du charbon à 1 307 milliards tep (tonnes d’équivalent pétrole) et celles de gaz naturel à 68 milliards tep. Avec une consommation constante, les réserves pétrolières étaient estimées à un siècle, mais à seulement un quart de siècle si  la croissance annuelle devait atteindre 9 ou 10 %. Ces prévisions étaient un peu pessimistes mais on estime aujourd’hui les réserves pétrolières à seulement un demi-siècle si la consommation devait rester stable (connaissancedesenergies.org). Cependant, en tenant compte de la théorie du “peak oil” selon laquelle la production cessera d’augmenter et commencera à décliner à partir du moment où nous aurons épuisé la moitié de nos réserves, cette durée devrait être plus élevée.

Aujourd’hui, les réserves de charbon sont abondantes et bien distribuées sur l’ensemble des continents, ce qui en fait une énergie encore très utilisée et qui le restera sans doute longtemps (un siècle et demi, hors “peak coal”), en particulier en Chine, à la fois premier producteur (47% du total mondial) et premier consommateur (51%). Trois pays, l’Iran (18,2%), la Russie (17,4%) et le Qatar (13,1%), abritent aujourd’hui près de 49 % des réserves conventionnelles de gaz naturel dans le monde estimées à 160 milliards de tonnes équivalent pétrole (une soixante d’années si la consommation continue de croitre au même rythme), ce qui correspond (source planete-energies.com).

Les réserves prouvées d’uranium (5,9 millions de tonnes en 2011) pour la production d’énergie nucléaire sont relativement bien réparties sur l’ensemble de la planète. Le nucléaire représente 11% de l’électricité produite dans le monde. Les États-Unis sont, avec la France et la Russie, les plus importants producteurs d’électricité d’origine nucléaire. Conséquence de l’accident de Fukushima, le Japon, qui possède pourtant l’un des principaux parcs nucléaires (48 réacteurs), n’a pratiquement pas produit d’électricité nucléaire en 2014. Le développement important du nucléaire est dû à une forte demande de l’Asie, notamment de la Chine et dans une moindre mesure de l’Inde et de la Corée du Sud.Les réserves d’uranium, qui ne sont pas inépuisables, sont estimées à 50-80 ans.

L’hydroélectricité est la première source d’énergie renouvelable au monde et fourni environ 20% de l’électricité mondiale.

Production et consommation d’énergie en 1978

(Mtep*)MondeÉtats-UnisChine
Pétrole
Production3 100483104
Consommation2 69380192
Conso/hab. (kg)6263 58296,2
Charbon
Production1 894369420
Consommation1 907353419
Conso/hab. (kg)4431 583438
Gaz naturel
Production1 1804835
Consommation1 1825084
Conso/hab. (kg)2752 2784,2
Hydroélectrique et Nucléaire
Production- Consommation175396
Conso/hab. (kg)40,71756,3
Source : Almanach Cousteau de l’Environnement - ONU

Production et consommation d’énergie en 2014

(Mtep)MondeÉtats-UnisChine
Pétrole*
Production4 434582212
Consommation4 604952552
Conso/hab. (kg)6392 984407
Charbon
Production3 9355081845
Consommation3 8824531962
Conso/hab. (kg)5391 4201 447
Gaz naturel
Production3 127668121
Consommation3 066695167
Conso/hab. (kg)4262 179123
Hydroélectrique + Nucléaire
Production- Consommation327+20722,5+68,791,5+10,6
Conso/hab. (kg)74,291,275,3
Source : planete-energies.com
*les chiffres sont un peu différents de ceux fournis par l’INSEE

 

La capacité de production d’énergie à partir de sources renouvelables est en forte progression et a atteint 1 712 GW en 2014, soit 8,5 % de plus qu’en 2013 et 18,9% de plus qu’en 2012 (source : Syndicat des Energies durables). Les énergies renouvelables représentaient alors 22,8 % de la demande électrique mondiale. Les pays qui investissent le plus dans ces nouvelles formes d’énergie sont la Chine, les États-Unis, le Japon, le Royaume-Uni et l’Allemagne (la France a choisi d’insister dans le nucléaire). Cette croissance aurait même du être encore plus importante sans les subventions annuelles dédiées aux carburants fossiles et à l’énergie nucléaire (plus de 550 milliards de dollars) qui freinent la concurrence en maintenant des prix d’énergie artificiellement bas.

En 1981, les technologies de production d’énergie renouvelable se développaient mais les installations industrielles restaient très rares, mis à part pour l’électricité hydraulique (cf articles “L’énergie thermique des mers”, “Les cellules photovoltaïques”, “L’énergie marémotrice”, “L’énergie du sel “»….)

Les tableaux statistiques sur les énergies oublient presque systématiquement le bois utilisé comme combustible, généralement non commercialisé. En 1981, le bois était pourtant la principale source d’énergie pour de nombreux pays en voie de développement, comme le Népal, la Tanzanie ou le Nigeria, et la moitié des arbres abattus dans le monde étaient utilisés à des fins énergétiques, ce qui aggravait la déforestation (“Port au Prince et les tontons macoutes”). On estime aujourd’hui que le bois fournit environ 1 Gtep par an, soit environ 10 % de la consommation mondiale d’énergie primaire. Dans la plupart des pays d’Afrique cette proportion peut s’élever à plus de 90 % de la consommation domestique. C’est là toute l’ambiguïté du terme “renouvelable” car si le bois est considéré pour certains comme une source renouvelable d’énergie, ce n’est vrai que dans les pays qui ont les moyens et le temps d’entretenir leur parc forestier.

Energie renouvelable : Capacité totale de production en 2013 (GW) :

  • Hydroélectricité : 1000
  • Eolien : 318
  • Solaire photovoltaïque : 139
  • Solaire thermique concentré : 3,4
  • Géothermie : 12
  • Biomasse : 88
  • TOTAL : 1560

(Source : notre-planete.info)

Des progrès restent à faire dans le domaine de l’énergie puisque plus d’un milliard de personnes, soit 15 % de la population mondiale, n’ont toujours pas accès à l’électricité.

 

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