Refroidissement dans la province du Henan (Chine)

Le refroidissement de la province du Henan (Chine)

 

Grande Muraille Verte (Chine)

Grande Muraille Verte (Chine)

L’Almanach Cousteau de l’Environnement – Un tour du Monde non conformiste – pages 83-84

En 1949, lorsque les communistes conquirent la Chine, la forêt recouvrait à peine 5% du territoire chinois et les sols mis à nu étaient soumis à l’érosion (le célèbre Fleuve Jaune doit d’ailleurs son nom au limon de loess jaune). La production agricole sur un terrain sablonneux et déboisé de la province du Henan ne permettait pas de produire plus de 200 kg par hectare.

Le programme « plantation d’arbres autour de quatre choses » fut alors lancé et une armée d’ouvriers forestier planta des dizaines de milliers d’arbres le long des déserts et des dunes, sur les flancs des montagnes, entre les champs, le long des voies d’eau… L’arbre était devenu une véritable cause nationale et on éduqua la population sur les bienfaits de ces végétaux à la fois abri, combustible, bois de construction, stabilisant des sols… (le régime communiste chinois semblait étrangement plus écologiste qu’humaniste). La superficie des forêts fut multipliée par deux entre 1949 et 1980 pour atteindre 10%, ce qui restait modeste comparé aux 50% de l’Union Soviétique.

3 décennies plus tard, après un reboisement particulièrement efficace, le rendement à l’hectare dans la province du Henan dépassait les 5 tonnes. Les températures estivales avaient baissé de 2,2°C tandis que celles hivernales augmentaient de 2°C. La vitesse du vent était réduite de 30% et l’évaporation de 25%.

 

La situation s’est-elle améliorée depuis 1981 ?

Aujourd’hui la Chine, l’un des pays les plus pollueurs du Monde, est le seul à avoir augmenté intentionnellement la superficie de ses forêts de façon significative. En 1978, le gouvernement chinois lança un programme écologique gigantesque de création d’une ceinture d’arbres qui doit s’étendre sur 4.500 kilomètres entre le nord et le nord-ouest de la Chine pour tenter de bloquer l’avancée du désert de Gobi. La “Grande Muraille Verte”, qui s’étend aujourd’hui sur 260 000 mètres carrés (environ six fois la superficie de la Suisse), devrait être terminée entre 2050 et 2070.

La reforestation en Chine, associée à la croissance des forêts sur les terres agricoles abandonnées dans les anciens pays du bloc soviétiques, a permis d’atténuer les conséquences climatiques de la déforestation massive pratiquée dans certains pays, notamment au Brésil et en Indonésie.

La Grande Muraille Verte, considérée par certains comme étant avant tout un objet de propagande du régime, pose cependant certaines interrogations environnementales. Les arbres et arbustes à croissance rapide qui ont été plantés pourraient absorber de grandes quantités d’eau souterraine, ce qui contribuerait à rendre plus difficile encore la vie dans ces régions arides. De plus, ces forêts artificielles pauvres en essences différentes limitent la biodiversité végétale et animale. Ce manque de diversité expose particulièrement les arbres aux maladies (1 milliard de peupliers furent ainsi détruits en 2000).

Le plus important dans cette histoire est la démonstration de l’importance des forêts sur le climat. Il est plus qu’urgent de stopper la déforestation à grande échelle et de démarrer des programmes ambitieux de reforestation basée sur des essences endémiques.

 

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