Promesses de retour : L’oryx d’Arabie

 L’Almanach Cousteau de l’Environnement – Les quatre grands changements : Promesses de retour – page 295

 

L’oryx d’Arabie (Oryx leucoryx), grande antilope originaire du Moyen-Orient et de la Péninsule arabique, est parfaitement adapté aux climats torrides du désert, pouvant survivre plusieurs jours sans eau et supporter des températures de  60°C. Mais l’oryx ne pouvait rien contre la bêtise humaine. Il était traqué par les chasseurs parce que c’était l’animal le plus rapide de la région et que, selon une croyance idiote, celui qui en tuait un faisait preuve de virilité et pouvait s’approprier sa force et sa résistance à la course. L’animal était déjà menacé d’extinction au début du XVIIIème siècle, excepté un petit troupeau sauvage que le Chah d’Iran se réservait pour ses chasses royales. Ce troupeau réussit à survivre pendant deux cent ans. Après la Seconde Guerre Mondiale les riches potentats arabes troquèrent leurs vieux fusils par des armes automatiques et remplacèrent leurs chameaux par des 4X4 rapides. Les oryx n’avaient plus aucune chance et furent rapidement exterminés.

Oryx d'Arabie

En 1962, le World Wild Fund (WWF) lança l’”Opération Oryx” destiné à sauver l’espèce grâce à l’élevage d’animaux en captivité. La première année, seulement 4 antilopes furent trouvées sur une surface désertique de pas moins de 9000 kilomètres carrés. L’une d’elles succomba rapidement et il ne resta plus que deux mâles et une femelle. L’année suivante, aucun oryx ne put être retrouvé dans le désert. Le zoo de Londres et l’émir du Koweit donnèrent chacun un spécimen, tandis que le roi d’Arabie Saoudite offrit deux couples. Un troupeau de seulement neufs animaux, c’était très peu pour voir l’espèce se multiplier. Le site choisi fut le zoo de Phoenix (Arizona). La population d’oryx d’Arabie en captivité se développa, ce qui permit de créer d’autres troupeaux dans des réserves d’animaux sauvages comme celle de San Diego (Californie). Ces zoos et réserves créèrent alors un véritable réseau pour la sauvegarde de l’oryx d’Arabie, en pratiquant notamment des prêts d’élevage pour réduire le risque de consanguinité.

En 1972, il n’y avait plus aucun oryx à l’état sauvage. C’est grâce aux animaux captifs, issus en particulier des zoos américains, que des réintroductions ont été initiées dans des sites protégés à Oman (1982), en Arabie saoudite (1990 et 1995), en Israël (1997), aux Émirats arabes unis (2007) et en Jordanie (2009). Dans le nouveau sanctuaire créé Arabie Saoudite la population d’oryx est passée de 400 à 700 individus entre 1997 et 2003.  Le bilan n’a pas été aussi bon à Oman, à cause d’un fort braconnage qui a fait chuter le nombre d’animaux de  450 à 106 entre 1996 et 2003, ce qui a motivé la décision de retirer en 2007 ce sanctuaire de la liste des sites du Patrimoine mondial de l’UNESCO. La population actuelle d’oryx d’Arabie dans le Monde s’élevait en 2011 à plus de 7000 animaux, dont seulement un millier à l’état sauvage. Grâce au succès du programme de réintroductions, l’oryx d’Arabie est la première espèce à être passée du statut UICN “éteinte à l’état sauvage” à “menacée” (1986) puis simplement “vulnérable” (2011).

 

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