Pas de place pour les Massaï du Kenya et de Tanzanie

L’Almanach Cousteau de l’Environnement – Les quatre grands changements : Les choses qui disparaissent – pages 325-326

 

Les Massaï sont un peuple d’éleveurs semi-nomades d’Afrique de l’Est vivant principalement au Kenya et en Tanzanie. A l’arrivée des occidentaux au début de XIXème siècle, les Massaï régnaient en maîtres et impressionnaient par la discipline et la valeur de leurs guerriers. S’ils ont été vaincus, c’est avant tout à cause d’une épizootie qui a décimé leurs troupeaux, provoquant des conflits permanents entre les groupes. Les colons se sont empressés de régler ces conflits en échange de lourdes compensations territoriales Les Massaï durent abandonner de nombreux territoires, y compris des lieux sacrés, notamment les plaines fertiles près du Mont Kenya. Par contre, ils n’abandonnèrent pas leur mode de vie, si ce n’est leurs activités guerrières et, plus tard, la pratique ancestrale de la chasse au lion.

Les Massaï, considérés comme des aristocrates primitifs par les Britanniques, avaient pourtant compris bien avant eux que la malaria était véhiculée par les moustiques anophèle (et non par les miasmes de l’air malsain).

Éleveurs Massaï et leur troupeau

Après l’indépendance du Kenya en 1963, les Massaï durent faire face à la domination des Kouyoukous, leurs anciens vassaux qui avaient cédé aux sirènes de l’occidentalisation. Ils furent alors confrontés aux incessantes menaces de tous ceux qui voulaient les déloger de leurs terres ancestrales. Ils furent mis en concurrence avec les animaux sauvages pour la création de zones de conservation, dont les célèbres parcs Serengeti et Masaï Mara, ce qui conduisit à l’éviction de milliers d’entre eux de leurs terres ancestrales.

Les menaces n’ont fait que s’accumuler. En 2009, c’est la famille royale des Émirats-Arabes-Unis qui voulait s’accaparer de territoires au Nord de la Tanzanie pour y créer une réserve de chasse personnelle. En 2010, un investisseur français envisageait d’y faire construire un hôtel. En 2013, le Premier ministre décida d’abandonner son projet de création, pour la famille royale de Dubaï (encore eux), d’une réserve de chasse près de 400 000 ha sur le territoire de Loliondo et de laisser ce dernier aux mains des Massaï, rappelant que ce peuple avait su en prendre soin depuis des temps immémoriaux. En réalité, cette décision fut prise sous la pression d’une campagne internationale menée par le site de pétition en ligne Avaaz.org  qui réussit à réunir près de 1,7 million de signatures. En 2014, nouveau retournement du gouvernement tanzanien qui demanda  à près de 40 000 Massaï d’abandonner leurs terres.

 

 

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