Mexico, ville la plus polluée du Monde

Pollution à Mexico

Pollution à Mexico

L’Almanach Cousteau de l’Environnement – Un tour du Monde non conformiste – pages 78-80

 

En 1981 on estimait que Mexico deviendrait la ville la plus peuplée du monde en 2000, avec une population passant de 10 à 32 millions d’âmes. Mexico abritait 1 mexicain sur 5 et 80% de l’industrie du pays. Cette ville tentaculaire typique du Tiers-Monde, avec son centre-ville élégant entouré de bidonvilles, attirait chaque année 800 000 nouveaux habitants, la plupart fuyant la campagne, dans un pays dévasté par un chômage endémique (25%).

En plus d’une extrême pauvreté, les habitants de Mexico souffrent d’une très forte pollution de l’air amplifiée par sa position géographique (cuvette formée de haut plateau de 2240 m entouré de montagnes de 5000 m), une croissance démographique effrénée et un nombre croissant de véhicules en circulation. Le gouvernement mexicain a lancé en 1978 un programme pour désengorger la Capitale au profit de régions sous-peuplées.

 

La situation s’est-elle améliorée depuis 1981 ?

Les efforts du gouvernement n’ont pas suffi. Mexico est aujourd’hui  la 3ème ville la plus peuplé du monde (30 millions d’habitants).

La capitale mexicaine était devenue en 1992 la ville la plus polluée du Monde, principalement à cause d’un trafic routier (75% des polluants) en continuelle augmentation (4 millions de véhicules par jour) et de l’activité industrielle en plein essor (60 000 entreprises).  Cette pollution de l’air qui a des conséquences dramatiques pour la population est considérée comme directement responsable de 4 000 décès par an. Les enfants sont les plus touchés, si bien que Mexico a obtenu dès 1998 le titre de “ville la plus dangereuse du monde pour les enfants”.

Le gouvernement mexicain a lancé dans les années 90 les programmes d’amélioration de la qualité de l’air PIICA et PROAIRE, basés essentiellement sur une régulation du trafic routier (interdiction en alternance de circuler) et un contrôle plus strict de la qualité des véhicules. Mexico a aussi fermé les usines les plus polluantes, développé les transports en commun, mis en place un système de partage de bicyclette… Ces mesures ont permis de diminuer significativement les émissions de plomb, de monoxyde de carbone (-79 % en 25 ans) et d’anhydride sulfureux, mais les taux d’ozone (-33% en 25 ans) et de PM10 (particules fines de taille inférieure à 10 µm) restent largement au dessus des normes de qualité de l’air.

Au niveau mondial, la pollution de l’air dans les grandes villes s’est aggravée au cours de ces 35 dernières années. Une étude de l’OMS a classé en 2015 New Delhi comme la ville la plus polluée du monde et 13 villes parmi les 15 les plus polluées sont situées soit en Inde, soit au Pakistan, deux pays en pleine expansion économique et démographique. Selon une étude de l’OCDE (2014), le coût annuel de la pollution de l’air urbain du fait des décès prématurés et des pathologies engendrées s’élève à plus de 2 600 milliards d’euros pour les pays les plus industrialisés (dont la Chine et l’Inde). Cette pollution tuerait plus de 3,5 millions de personnes chaque année.

 

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