Marées noires

Marée noire - Delta du Niger

Marée noire – Delta du Niger

L’Almanach Cousteau de l’Environnement – Leçons non apprises, effets pervers – pages 190-191

 

A la fin des années 70, les média se faisaient l’écho des marées noires qui se succédaient autour du globe :

  • 28 avril 1979 : Le vraquier libérien “Gino” coule au large de la Bretagne avec 40 000 tonnes de “carbon black oil”, un bitume lourd résidu de raffinage à forte teneur en benzopyrène cancérigène
  • 7 mars 1980 : Le superpétrolier “Tanio” s’éventre au large de la Bretagne avec toute sa cargaison
  • 3 juin 1979 au 18 mars 1980 : La plateforme offshore “Ixtoc 1” déverse sans interruption plus de 470 000 tonnes de pétrole dans le Golfe du Mexique
  • Une plateforme offshore explose au Nigeria et transforme le delta du Niger en cloaque bitumineux.

 

Aujourd’hui, la série noire continue, avec un sentiment de déjà-vu à chaque catastrophe relatée par les médias, avec les mêmes images de plages souillées et d’oiseaux englués… Le 20 avril 2010, la plateforme pétrolière offshore “Deepwater Horizon” explose dans le golfe du Mexique et y déverse sans interruption jusqu’au 19 septembre près de 835 000 tonnes de pétrole.

Comme si les accidents ne suffisaient pas, les militaires ont trouvé judicieux de provoquer volontairement des catastrophes écologiques. Le 19 janvier 1991, l’armée irakienne  sabota le terminal pétrolier de Mina al Ahmadi au Koweït. 900 000 à 1 500 000 tonnes de pétrole se déversèrent alors dans le Golfe Persique, créant la plus forte marée noire de l’histoire.

Mais le plus grand déversement de pétrole de l’histoire remonte aux débuts de l’exploitation pétrolière. Le 14 mars 1910, le forage d’un puits de pétrole en Californie, le “Lakeview Gusher”, provoqua un geyser qui cracha pendant 18 mois près de 1,2 millions de tonnes d’hydrocarbures. Seule la moitié pu être récupérée, le reste disparut par évaporation ou infiltration dans le sol. Il faut dire que les valves de sécurité permettant d’obturer rapidement les puits (Blow Out Preventer) n’existaient pas encore.

 

Une marée noire trop silencieuse

Le delta du Niger est sans doute l’endroit le plus pollué par les marées noires. Pourtant les médias n’en parlent  jamais. Selon un rapport publié en 2006 (World Wide Fund Royaume-Uni, Union internationale pour la conservation de la nature, Nigerian Conservation Foundation), jusqu’à 1,5 million de tonnes de brut se seraient déversées dans le delta au cours des 50 dernières années. C’est tout de même cinquante fois la marée noire provoquée par le pétrolier “Exxon Valdez” en Alaska (lire article de Courrier International). Bien entendu, la population du Nigeria, l’une des plus pauvres du Monde, ne profite même pas de la manne pétrolière… Au contraire, le pétrole a ruiné les terres agricoles et les zones de pêche.

 

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