Manque à l’inventaire

Radioactivité
L’Almanach Cousteau de l’Environnement – Perspectives – pages 18-20

En 1981 la prolifération des armes nucléaires et l’implantation généralisée, en particulier en France, de réacteurs nucléaires posait un problème grave de gestion des stocks de composés radioactifs (plutonium ou uranium enrichi).

En 1975 un étudiant de l’Université de Princeton est parvenu à imaginer une bombe atomique efficace avec l’aide des informations trouvées à la bibliothèque. Il ne lui manquait que le matériau nucléaire…

Le problème c’était qu’à l’époque il n’était pas rare de constater la disparition inexpliquée de matériau nucléaire (”manque à l’inventaire“). Les chiffres donnent froid dans le dos puisqu’un journaliste du New York Times avait découvert la disparition en quelques années de plus de 3 tonnes de matériau nucléaire (de quoi fabriquer plusieurs centaines de bombes atomiques de l’époque).

 

Qu’avons-nous fait depuis 1981 pour éviter le pire ?

35 ans plus tard, la Guerre Froide est terminée mais on continue à concevoir et à fabriquer de nouvelles armes nucléaires. Selon l’IAEA (International Atomic Energy Agency), l’agence non-gouvernementale chargée de l’énergie atomique et le groupe Nuclear Threat Initiative, il y aurait chaque année plus de vingt cas de disparition ou de vol de matériau nucléaire (sachant que la plupart ne sont jamais signalés publiquement) !

Depuis deux décennies nous assistons à un phénomène alarmant de démantèlement politique dans les régions les plus instables du globe. Lorsque des régimes totalitaires tels que ceux de l’Union Soviétique, de l’Irak, de l’Afghanistan ou de la Libye sont démantelés, une période de flottement politique et économique, voire d’anarchie, s’installe et la sécurité du Monde entier s’en trouve compromise. Le marché noir de matériau nucléaire ne peut que fructifier dans un tel environnement.

 

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