L’intoxication d’Isaac Newton

L’intoxication d’Isaac Newton

L’Almanach Cousteau de l’Environnement – Le travail, les loisirs – page 564

Isaac Newton

A partir de 1692, Isaac Newton commença à souffrir de nombreux maux : insomnies, dépression nerveuse, modification de la personnalité, délires, problèmes digestifs… Deux études publiées en 1979 dans Notes and records of the Royal Society of London émettaient l’hypothèse selon laquelle la cause de l’affection du grand physicien était de nature chimique. Newton se serait lui-même empoisonné inconsciemment avec les métaux utilisés dans ses expériences d’alchimie, plomb (arsenic, mercure, antimoine), le plus souvent portés à fusion. Le savant ne se contentait pas de respirer les vapeurs toxiques, il goûtait carrément les produits de ses expériences ! Il a d’ailleurs décrit le mercure comme “fort, aigre, ingrat”. Comme si cela ne suffisait pas, il avait fait peindre les murs de sa chambre avec une peinture rouge à base de vermillon, connu aussi sous le nom de sulfure de mercure. Une analyse d’échantillons de cheveux du Père de la Physique Moderne par spectrométries d’absorption atomique révéla des teneurs très importantes de plomb, antimoine, mercure (40 fois la teneur normale). Cette intoxication aux métaux lourds n’a pas empêché Newton de vivre jusqu’à l’âge remarquable de 83 ans.

Pierre et Marie Curie

Newton ne fut pas le seul à s’être involontairement empoisonné par ses expériences. Les radiations avaient gravement détérioré la santé de Marie et Pierre Curie qui ne prenaient guère de précaution pour manipuler des quantités importantes de radium: Marie Curie raconta que “L’une de nos joies était d’entrer la nuit dans notre atelier. Nous percevions de tous côtés les silhouettes lumineuses des flacons et des capsules qui contenaient ces produits.” Tout leur laboratoire était contaminé et on peut estimer la quantité de rayonnement reçue par les Curie à près 1 Sv/an. C’est tout de même 300 fois la radioactivité naturelle.

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