L’hélium, super-léger de l’avenir

ballons gonflés à l'hélium

ballons gonflés à l’hélium

L’Almanach Cousteau de l’Environnement – Perspectives – page 48
L’hélium est, après l’hydrogène, l’élément le plus abondant de l’Univers. Sa raréfaction à la surface du globe est pourtant inquiétante (concentration dans l’atmosphère terrestre de l’hélium = 5,2×10-6 en volume). Pour un usage industriel, l’hélium est extrait par distillation fractionnée du gaz naturel, qui peut en contenir jusqu’à 7 %. Or, les gisements de ce dernier ont tendance à s’épuiser. En 1981 on estimait les réserves américaines à seulement 30 ans, c’est-à-dire qu’elles auraient été aujourd’hui épuisées. Bien sûr, on peut imaginer qu’il suffit de tirer l’hélium de l’atmosphère, mais cela aurait coûté à l’époque pas moins de 70 $/m3, soit 180 fois plus cher qu’avec le gaz naturel.

Or, les producteurs de gaz naturels ne s’intéressaient pas à l’extraction de l’hélium, jugée trop peu rentable, et ils préféraient rejeter directement ce gaz noble dans l’atmosphère, via les torchères. C’était absurde, comme il était absurde entre 1930 et 1960 de brûler dans les torchères aux USA près de 3 300 milliards de m3 de gaz naturel  considéré alors comme un déchet de l’industrie pétrolière, soit tout de même l’équivalent de 58% des réserves  connues dans ce pas à l’époque!

 

Qu’avons-nous fait pendant ces 35 dernières années ?

Selon le prix Nobel de physique Robert Richardson, les réserves mondiales d’hélium extraites du gaz naturel seront épuisées avant 2040. Nous avons donc un supplément de répit pour prendre les bonnes décisions.

Les plus grands producteurs d’hélium sont les USA. La plus grande réserve d’hélium se trouve à Amarillo, au Texas, où est entreposée dans des gisements de gaz naturel désaffectés la moitié des réserves mondiales. Ce stock correspond à la “Helium National Reserve” mise en place par le gouvernement américain en 1925 pour alimenter les dirigeables militaires puis, dans les années 50, pour propulser les ogives nucléaires de la Guerre Froide. En 1995, les USA ont voté un acte visant à vendre avant 2015 tout l’hélium présent dans la réserve, afin de récupérer les sommes colossales investies. Pour parvenir à cet objectif, les prix de vente ont été maintenus artificiellement bas pendant toutes ces années. Il semblait donc inutile d’économiser l’hélium. Or, selon Robert Richardson, seule une très forte augmentation du prix de l’hélium permettrait de le préserver.

 

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