Les traités ! Chiffons de papier ou accords de contrôle ?

Chiffons de papier ou accords de contrôle ?

L’Almanach Cousteau de l’Environnement – Les chiens de la guerre – pages 451-452

Guerre Froide – John F. Kennedy et Nikita Khrouchtchev (1962)

 

A la fin des années 70, on pouvait faire le constat que les nombreux accords internationaux s’étaient révélés inefficaces pour réduire le nombre d’armes de destruction massives apparues après la Seconde Guerre Mondiale.

Accord “Téléphone Rouge” (1963 et modernisé en 1974) entre les USA et l’URSS garantissant la sécurité des liaisons téléphoniques directes entre les gouvernements des 2 blocs (pour éviter tout malentendu susceptible de déclencher une Troisième Guerre Mondiale).

Traité d’interdiction partielle des essais nucléaires (1963, juste après la crise des missiles de Cuba) : Interdiction des explosions nucléaires dans l’atmosphère et les océans (les essais souterrains restent autorisés). 106 pays signataires en 1973. La France et la Chine qui ne l’ont pas signé, en respectent depuis 1980 les dispositions.

Traité de Non-Prolifération nucléaire ou TNP (1968) : Interdiction aux pays d’obtenir des armes nucléaires s’ils n’en possédaient pas encore. 97 signataires en 1973,. Fait notable : l’Inde, Israël, et le Pakistan ne l’ont pas signé, alors que ces pays se trouve au cœur de fortes tensions géopolitiques. En 1995, les signataires ont décidé que le TNP devait demeurer en vigueur indéfiniment.

Accord sur les Accidents Nucléaires (1971) : Procédures permettant d’éviter un conflit accidentel en cas d’explosion “non autorisée” de bombe nucléaire.

Accords SALT I et ABM (1972) : Traité entre les USA (Richard Nixon) et l’URSS (Leonid Brejnev) sur la limitation de leurs armements stratégiques. Limitation du déploiement des missiles antibalistiques (ABM – Anti-Balistic Missile) à un maximum de 100 missiles sur 2 sites spécifiques par pays. Un amendement en 1974 limite le déploiement sur un seul site. En 2001, les USA résilient unilatéralement le traité pour pouvoir déployer leur bouclier anti-missile. Les accords SALT I ne concernaient pas la production d’armes offensives et ne limitaient pas le nombre des ogives, ce qui garantissait aux deux superpuissances une capacité de destruction démesurée.

Convention sur les Armes Biologiques (1972) : Interdiction de développer, produire ou stocker des armes bactériologiques et obligation de détruire celles existantes. Efficacité limitée de cette convention, étant donné l’absence de procédures de vérification du respect de ses dispositions, en raison de l’opposition des États-Unis.

Accord sur la Prévention de la Guerre Nucléaire (1973) : Préconisation de consultations des belligérants en cas de risque de conflit nucléaire.

Accords SALT II (1979) : Les USA (Jimmy Carter) et l’URSS (Leonid Brejnev) s’engagent à limiter la croissance quantitative et qualitative de leurs armes nucléaires stratégiques. Les USA décident de ne pas ratifier ce traité, en raison de l’invasion de l’Afghanistan par les Soviétiques.

Le Comité de Désarmement est créé en 1979 à l’issue des travaux de la première session extraordinaire de l’Assemblée Générale des Nations unies consacrée au désarmement tenue en 1978. La Conférence du désarmement qui a succédé à ce Comité regroupe 66 États (depuis 1999) dont toutes les puissances nucléaires.

Jimmy Carter et Leonid Brejnev – Accord Salt II

Depuis les années 70, les accords sur le désarmement ont continué de se succéder, mais les arsenaux mondiaux restent encore capables d’anéantir toute trace de civilisation sur la planète.

Traité sur les Forces nucléaires intermédiaires (1987) : Les Etats-Unis (Ronald Reagan) et l’URSS (Mikhaïl Gorbatchev) s’engagent à l’élimination de leurs missiles à portée intermédiaire et à plus courte portée (500 à 5 500 kilomètres), qui ne représentaient de toute manière que 3 à 4% de l’arsenal.

Traité START I (Strategic Arms Reduction Treaty – 1991) : Les Etats-Unis (George Bush) et l’URSS (Mikhaïl Gorbatchev) s’engagent à réduire effectivement leurs arsenaux d’armes stratégiques (on ne parlait jusqu’ici que de limitation de développement). En l’espace de sept ans, les deux pays détruiront entre un quart et un tiers de leurs fusées nucléaires de portée intercontinentale terrestres (ICBM) ou sur sous-marines (SLBM).

Traité START II (1993) : Les Etats-Unis (George Bush) et la Russie (Boris Eltsine) s’engagent à éliminer les missiles à tête multiples indépendamment téléguidés (MIRV) et à réduire des deux tiers le nombre d’armes nucléaires. C’est pour Boris Eltsine “le traité de l’espoir” et pour George Bush “la fin de la guerre froide”.

En 1995, le Conseil de sécurité des Nations-Unies adopte la résolution 984 garantissant une assistance aux États non nucléaires ayant signé le Traité sur la non-prolifération nucléaire, s’ils sont l’objet d’une menace ou d’une attaque nucléaire.

Le prix Nobel de la paix 1995 est attribué conjointement au Mouvement Pugwash et au professeur Joseph Rotblat, cosignataire du manifeste Russell-Einstein, pour récompenser leurs efforts en vue de l’élimination des armes nucléaires.

Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (1996) : Le CTBT (Comprehensive Test Ban Treaty), qui complète le Traité d’interdiction partielle des essais nucléaires, a été ratifié par 155 États, mais non par l’Inde, le Pakistan et la Corée du Nord.

Traité de désarmement stratégique (2002) : Le traité SORT engage les USA (George W. Bush) et la Russie (Vladimir Poutine) à réduire de deux-tiers leur arsenal d’armes nucléaires stratégiques d’ici 2012. La Russie, qui n’est plus une superpuissance économique, n’est de toute façon plus en mesure de poursuivre la course à l’armement.

Traité START III (2010) : Traité de désarmement nucléaire entre USA (Barack Obama) et Russie (Dimitri Medvedev) qui remplace START I expiré le 5 décembre 2009. Le traité prévoit notamment de limiter pour chaque pays à 1 550 le nombre d’ogives déployées sur des missiles balistiques intercontinentaux (baisse d’environ 30%) et à 700 du nombre de missiles intercontinentaux embarqués (SLMB). Les limites restent proches de celles déjà annoncées en 2002. L’accord prévoit également la vérification sur place des installations nucléaires et l’échange de données entre les deux pays.

Selon les derniers chiffres communiqués par le département d’État américain, en 2017 les États-Unis possèderaient encore 1 367 têtes nucléaires sur des bombardiers et missiles stratégiques déployés, et la Russie 1 096.

L’épée de Damoclès se balance toujours dangereusement au-dessus de nos têtes…

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