Les protéines de micro-organismes

L’Almanach Cousteau de l’Environnement – Perspectives – pages 38

Déjà, en 1981, il était question de valoriser les déchets organiques pour produire des micro-organismes (bactéries, levures, champignons) susceptibles d’être transformés en aliments riches en protéines destinées à l’alimentation humaine. En 1979 il y avait au Japon, le pays le plus avancé dans le domaine, 39 usines de traitement d’algues. Ces organismes unicellulaires, qui se contentent pour certains d’eau et de soleil (algues) ou qui se développent sur de vulgaires déchets de l’agriculture et de l’agroalimentaire (bactéries), devaient aider à résoudre le problème de pénurie alimentaire mondiale.

 

Qu’avons-nous fait depuis 1981 pour les POU ?

Force est de constater que les protéines d’organismes unicellulaires (POU) n’ont pas eu le succès qu’on leur prédisait en 1981. La première raison est, comme souvent, économique. Les levures contiennent de 5 à 8 % d’acides nucléiques et les bactéries 10-22%. Or, le taux maximum recommandé serait de 1% car une consommation excessive d’acides nucléiques provoque une augmentation du taux d’acide urique dans l’organisme, responsable de certaines pathologies articulaires (goutte) ou rénales (calculs). Il n’est donc pas recommandé de consommer directement de grandes quantités d’organismes unicellulaires à cause de leur teneur élevée en acides nucléiques ; les protéines doivent en être extraites. Cette extraction est une opération coûteuse qui fait chuter dramatiquement l’intérêt économique des protéines d’organismes unicellulaires.

En 2016 si l’on cultive des micro-algues, c’est d’abord pour produire du biocarburant à partir des acides gras ; le problème de faim dans le Monde semble être une préoccupation de deuxième rang dès que le cours du baril de pétrole se met à grimper.

 

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