L’énergie du sel

Schéma du prototype de centrale osmotique Statkraft©

Schéma du prototype de centrale osmotique Statkraft©

L’Almanach Cousteau de l’Environnement – Perspectives – pages 51-52

 

La différence de concentration saline entre deux compartiments d’eau séparés par une membrane semi-perméable provoque une différence de pression osmotique qui entraîne à son tour un transfert d’eau vers la solution plus concentrée jusqu’à l’équilibre (solutions isotoniques). Une pression étant par définition une force par unité de surface, il a été envisagé de tirer de l’énergie de la différence entre eau de mer et eau douce, à l’embouchure des fleuves.

Les auteurs de l’Almanach Cousteau de l’Environnement ont décrit en 1981 le fonctionnement d’une centrale à salinité. L’eau douce pénètre dans le réservoir inférieur, l’eau salée dans le réservoir supérieur séparé du premier par une membrane semi-perméable. L’eau douce est entrainée vers le haut par la différence de pression osmotique jusqu’au sommet du réservoir d’où elle déborde en chute, entraînant une turbine génératrice d’électricité.

En 1981, il était question d’utiliser le fleuve Zaïre pour fournir une puissance d’environ 128 000 mégawatts, soit l’équivalent de 128 centrales nucléaires de l’époque. La Mer Morte, mer hypersalée dans laquelle se jette le fleuve Jourdain, était aussi envisagée. Les conséquences d’un tel projet pour l’environnement et la biodiversité auraient été dramatiques. Cette technologie se heurtait à la difficulté de produire une membrane semi-perméable pouvant résister aux énormes pressions mises en jeu et à la corrosion saline.

 

Qu’avons-nous fait depuis 1981 ?

Aujourd’hui encore, l’énergie osmotique reste peu avancée en raison des investissements importants nécessaires et de la faible performance des membranes semi-perméables disponibles. Seule la société norvégienne Statkraft© a développé un prototype de centrale osmotique d’une puissance de 4 kW (2009). Le procédé est un peu différent de celui décrit puisque la membrane est placée verticalement entre les deux compartiments d’eaux de salinité différente. Le débit d’eau douce traversant la membrane provoque une surpression dans le réservoir d’eau salée et y augmente le débit d’eau.

Le développement industriel de cette technologie se heurte à des coûts de production très élevés au regard de performances médiocres, essentiellement à cause du nettoyage régulier des membranes.

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