L’efficacité des armes

L’efficacité des armes

L’Almanach Cousteau de l’Environnement – Les chiens de la guerre – pages 445-446

Bombardement de Hiroshima (08/1945)

 

L’Almanach Cousteau de l’Environnement se livrait en 1980 à de sinistres calculs. “Little Boy”, bombe atomique de 15 kilotonnes de TNT qui ravagea Hiroshima en août 1945, détruisit tout sur un rayon de 12 km et extermina près de 100 000 personnes. C’est ce genre de donnée qui permet de connaître l’efficacité réelle d’une arme.

Sinistres calculs de la fin des années 70: il aurait suffi d’une “petite” bombe d’une kilotonne pour tuer 200 000 personnes à l’heure de pointe dans le quartier de Wall Street à Manhattan, le plus densément peuplé au monde (1 million de personnes sur 1/3 km2). Une charge d’une kilotonne aurait pu détruire n’importe quel barrage artificiel. Une charge d’un dixième de kilotonne explosant dans un réacteur nucléaire pouvait fissurer l’enceinte protectrice et mettre hors service les systèmes de refroidissement du noyau. Un réacteur en fonction depuis plus d’un an aurait accumulé plus de radioactivité qu’une bombe de 100 mégatonnes ! Une charge d’un cinquantième de kilotonne explosant à l’intérieur d’une installation de retraitement aurait pu dégager dans l’air suffisamment de strontium 90 pour tuer des dizaines de milliers de personnes alentour. On savait déjà qu’il suffisait d’une bombe de petite charge pour faire écrouler le Word Trade Center (cette faiblesse était donc connue de beaucoup de monde, y compris de Ben Laden). Par contre, la destruction du Pentagone, nécessiterait qu’une charge d’une mégatonne soit placée à plusieurs niveaux en dessous de la cour.

Comme pour toutes les bombes, c’est principalement le lieu de l’explosion qui détermine l’étendue des dégâts. Les bombes de Hiroshima et de Nagasaki ont explosé à 563 mètres d’altitude parce que les experts militaires américains avaient calculé que c’était à cette altitude qu’elles feraient le plus de dégâts, par onde de choc, incendies et radiations. J’espère ne jamais rencontrer d’ingénieurs capables faire ce genre de calculs.

“Little Boy” n’était qu’un pétard mouillé par rapport à “Castle Bravo”, la monstrueuse bombe de 15 mégatonnes (1000 fois Hiroshima) que les américains testèrent le 1er mai 1954 sur l’atoll de Bikini. Les soviétiques ont surenchéri le 30 octobre 1961 en faisant exploser dans l’archipel de Nouvelle-Zemble (Arctique russe) la “Tsar Bomba”, un monstre de 50 mégatonnes! La puissance de cette bombe, considérée comme la plus puissante jamais construite, était équivalente à celle de tous les explosifs utilisés pendant la Seconde Guerre mondiale, multipliée par 10. L’explosion fut visible à plus de 1000 km de distance, le champignon atomique grimpa à plus de 64 km d’altitude, l’onde de choc brisa des vitres jusqu’en Norvège et en Finlande. Une telle bombe détruirait facilement Paris et toute sa banlieue… Une folie comme seuls les humains en sont capables.

Si le monde compte aujourd’hui beaucoup moins de têtes nucléaires que dans les années 1980 (15 395 au lieu de 70 000), les performances de l’arsenal dissuasif ont été fortement améliorées, du moins si l’on en croit l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri). Les Etats-Unis et la Russie dominent toujours très largement le secteur avec 93% de la totalité de l’arsenal. Viennent ensuite la France, la Chine, le Royaume-Uni, le Pakistan, l’Inde, Israël et la Corée du Nord. La Russie et les Etats-Unis menacent continuellement l’ensemble de la planète avec 3 720 têtes en état d’alerte, c’est-à-dire susceptibles d’être utilisées en quelques minutes. Les Etats-Unis ont planifié un budget de quelque 348 milliards de dollars sur la période 2015-2024, pour moderniser leur arsenal. Les puissances nucléaires ne jouent absolument pas le jeu du désarmement et continuent de développer leur puissance destructrice.

 

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