Le testament de l’ile de Pâques

Le testament de l’ile de Pâques

Statues géantes de l'île de Pâques

Statues géantes de l’île de Pâques

L’Almanach Cousteau de l’Environnement – Leçons non apprises, effets pervers – pages 159-161

 

L’île de Pâques fut autrefois un paradis luxuriant que les indigènes appelaient “Te Pito te Henua” (le nombril du monde). En 1981 ce n’était plus que des rochers arides parsemés de centaines de statues gigantesques, vestiges d’une civilisation disparue. Ces statues furent érigées sous l’impulsion d’un ordre religieux dominant, peut-être pour implorer les dieux de faire venir la pluie dans cette région frappée par de terribles épisodes de sécheresse.  La population de cette petite île d’à peine 166 km2, isolée du reste du monde,a explosé pour atteindre, entre le XVIème et le XVIIème siècle, plus de 10 000 habitants (d’autres hypothèses se limitent à 3 000 habitants) qui épuisèrent rapidement les ressources locales, abattant toujours plus d’arbres pour libérer des terres cultivables et fabriquer des traineaux pour transporter les statues. Les limites de l’île furent rapidement atteintes et les classes inférieures finirent par se révolter contre la classe dirigeante dominée par les prêtres (qui n’avaient pas réussi à convaincre les dieux d’améliorer les récoltes). Il s’ensuivit une période de guerres et de famines.

Lorsque l’explorateur hollandais Jakob Roggeveen découvrit l’île en 1722 la guerre civile sévissait encore et il ne restait plus que 3 000 personnes.

Quand le capitaine Cook arriva à son tour sur l’île de Pâques en 1774, ils n’étaient plus que 600, dont seulement 30 femmes.

En 1805 des américains réduisirent des habitants de l’ile en esclavage. Plus tard d’autres esclavagistes américains et surtout péruviens vinrent prélever de la main d’œuvre gratuite, tout en n’oubliant pas de violer les femmes et de contaminer le reste de la population indigène par diverses maladies d’importation comme la petite vérole qui extermina la moitié de la population.

En 1872 l’écrivain Pierre Loti écrivait en parlant de l’ile de Pâques : “Les chemins sont encombrés d’ossements ; des squelettes entiers sont toujours visibles gisant dans l’herbe.”. En 1872 l’explorateur français Alphonse Pinard ne compta plus que 111 habitants sur l’île.

En 1960 les 1 000 habitants de l’île ignoraient tout de la splendeur et de la décadence de la civilisation de leurs ancêtres. En 2002 on recensait 3791 habitants et 5761 en 2012.

Les conséquences de l’ignorance et de l’irresponsabilité de l’homme peuvent être désastreuses. C’est la leçon que nous devrions retenir de l’île de Pâques dont les ressources étaient limitées, tout comme sont limitées les ressources de la planète. C’est ce genre de leçon que nous autres, incorrigibles cancres, n’arriverons jamais à retenir…

Il semble que la théorie de l’effondrement de la civilisation de l’île de Pâques suite à la destruction de son environnement puisse être contestée aujourd’hui (“Suicide écologique à l’Ile de Pâques : ce qu’en dit l’archéologie”)

 

2 Comments:

  1. Je pense que l’environnement doit une chose précieuse pour nous, car sans lui il n’aura pas de vie sur cette terre. Donc prenons soin de lui.

  2. Sauvons notre grand patrimoine,l’île de Pâques.

Comments are closed