Le règne de l’automobile – Péchés originels

Le règne de l’automobile – Péchés originels

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Automobile vs piéton

17 aout 1896 au Crystal Palace à Londres, une Roger-Benz a renversé une piétonne qui a succombé, le crâne fracturé par une roue de la voiture. Le conducteur ne roulait qu’à 6,5 km/h au moment du choc. C’était le premier accident de la route mortel.

Aujourd’hui, un tiers des accidents et des blessures proviennent de chocs entre une voiture et un piéton qui surviennent majoritairement eu dans un environnement urbain et à faible vitesse. Les constructeurs automobiles sont contraints de mettre sur le marché des véhicules équipés de technologies réduisant le risque de blessure grave pour les piétons : matériaux absorbant l’énergie, géométrie des parechocs préservant les organes vitaux, capots actifs, airbags piétons, détecteurs de piétons, freinage d’urgence autonome…

Chaque année dans le monde, on compte près de 1,25 million de décès sur les routes et 20 à 50 millions de blessés. Les accidents de la route sont la première cause de décès chez les jeunes de 15 à 29 ans. Le parc automobile s’étoffant sans cesse, l’OMS prévoit qu’en 2030, 2,4 millions de personnes mourront à la suite d’un accident de la route, ce qui en fera la neuvième cause de mortalité. Comme d’habitude, les pays ne sont pas égaux face au risque et 90% des décès sur la route surviennent dans les pays du Sud, qui ne possèdent pourtant que la moitié du parc mondial d’automobiles. Les accidents de la route, en plus des drames humains, ont des conséquences économiques considérables et pourraient représenter 3% du Produit National Brut, voire même 5% pour certains pays à revenu faible ou intermédiaire. Pour diminuer la mortalité des routes, les pouvoirs publics ont pris des mesures plus ou moins efficaces : limitation de la vitesse, lutte contre l’alcoolisme au volant, port de casque obligatoire en moto, ceinture de sécurité obligatoire en voiture, amélioration des infrastructures routières. Les constructeurs ont joué eux aussi un rôle majeur en améliorant sans cesse la sécurité passive, puis active, des automobiles : ceintures de sécurité 3 points (1959), airbag (1979), système antiblocage de roues (ABS-1978), correcteur électronique de trajectoire (ESP-1995), assistance au freinage d’urgence (AFU-1996), airbag (1975)…

Conduite en état d’ivresse

10 septembre 1897 à Londres. Un chauffeur de taxi est arrêté par un agent de police pour avoir conduit son véhicule électrique en état d’ébriété. Aujourd’hui, l’alcool au volant reste une cause majeure de mortalité routière, malgré la législation qui fixe le taux maximum d’alcoolémie pour le conducteur entre 0,2 et 0,8 g par litre de sang dans la plupart des pays.

Excès de vitesse

28 janvier 1896 à Paddock Wood (Angleterre). Un automobiliste a reçu une contravention pour avoir osé traverser la ville à près de 13 km/h ! Lorsque le premier code de la route fut instauré en France en 1921, la vitesse était limitée depuis 1899 à 30km/h, et à 20 km/h en ville. Pour faire face à l’augmentation continue de la mortalité sur les routes qui atteignit le record de 18 034 morts en 1973, le code de la route dû être adapté à la puissance toujours plus grande des automobiles. Aujourd’hui la vitesse maximale autorisée dans la plupart des villes européennes est de 50 km/h, elle varie de 70 à 100 km/h sur route et de 90 à 130 km/h sur autoroute. En Allemagne, où la mortalité routière n’est pas plus élevée que dans d’autres pays d’Europe, la vitesse est libre sur certaines portions d’autoroutes. Depuis 2003, le réseau français de radars automatiques a eu pour effet de réduire significativement la vitesse des automobiles, au détriment du portefeuille, voire du permis de conduire, des automobilistes…

Vol de voiture

Juin 1896 à Paris. Le baron de Zuylen s’est fait voler sa Peugeot par son mécanicien… C’était le début d’une longue histoire. Chaque jour, près de dix mille voitures sont volées dans le monde, soit quatre millions chaque année. C’est aux États-Unis qu’on en vole le plus (près de 1,25 million par an), ce qui est logique compte-tenu du parc installé (rapporté au nombre d’habitants, c’est l’Italie qui est en tête en 2012). Si les modèles bas de gamme sont faciles à dérober, certaines technologies installées sur des véhicules premium simplifient le travail de voleurs. Rien de plus facile que de programmer une clé vierge avec un boîtier électronique acheté quelques milliers d’euros sur le Net pour repartir avec un Range Rover Evoque, la voiture la plus volée en France en 2016.

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