Le pétrole à la maison

Le pétrole à la maison

L’Almanach Cousteau de l’Environnement – Boire, manger, respirer – pages 535-537

 

A la fin des années 80, l’écrivain écologiste Mike Maza (Detroit) recensait tous les articles à base de pétrole qu’il rencontrait dans sa journée. Peu de chose ont changé depuis et pourtant il faudra bien commencer à imaginer un monde dans lequel le pétrole sera devenu hors de prix.

  • Des draps de lit contenant 50% de polyester
  • Une descente de lit en en laine-nylon
  • Un réveil en polystyrène
  • Une table de nuit en ABS (acrylonitrile butadiène styrène)
  • Une monture de lunettes et des verres en plastique
  • Une chemise en polyester
  • Des dalles en vinyle encaustiquées (paraffine)
  • Un short, un T-shirt et des chaussettes de sport en tissu 50% polyester
  • Des baskets à base de caoutchouc synthétique, de polyéthylène, de nylon…
  • Un serre-tête en caoutchouc synthétique
  • L’encre du journal à base de solvants organiques
  • La boite à repas en plastique contenant un sandwich emballé dans un film de polyéthylène, une bouteille thermos en polyuréthane, une cuillère en plastique
  • Le support et la poignée en plastique de la cafetière
  • Du shampoing contenant du propylène glycol
  • Une brosse à dent avec manche en polystyrène et poils en nylon
  • Un rasoir avec manche en plastique, un peigne en plastique
  • Vernis à ongles, dissolvant, déodorants, rouge à lèvres
  • Des jouets en plastique
  • Des cachets d’aspirine (acide acétylsalicylique)
  • Une machine à écrire avec des touches en plastique, un ruban carboné en nylon
  • Des stylo-bille, un briquet jetable, une gomme, une paire de ciseaux d’enfant
  • Un réfrigérateur revêtu de plastique
  • Une serpillère dans son seau en plastique
  • Des tiroirs et des étagères en plastique
  • Des outils à manche en plastique ou recouvert de PVC (chlorure de polyvinyle)
  • Un fauteuil de bureau revêtu d’une housse en PVC
  • Un téléphone en plastique

Mike Maza s’est rapidement rendu compte de l’amplitude du challenge qu’il s’était lui-même lancé et a fini par abdiquer…

Il faudrait commencer par éviter d’utiliser des sacs d’emballage en plastique, des pailles en plastique, des gobelets en plastique, des assiettes en plastique, des bouteilles en plastique, des boîtes en plastique, du mobilier de jardin en plastique, des aliments sur-emballés dans du plastique, des produits ménagers à base de produits pétroliers, …

Il faudrait plutôt utiliser des sacs en coton (bio de préférence), des gobelets en plastique, des assiettes réutilisables (ou en carton pour le piquenique), préférer les bouteilles en verre, boire de l’eau du robinet et utiliser une gourde en inox, des boîtes en verre ou en métal, du mobilier de jardin en bois, des aliments vendus en vrac, des produits ménagers à base de produits simples (alcool, savon noir…)… Certain(e)s vont même jusqu’à fabriquer leurs propres produits cosmétiques.

Une autre voie pour se libérer du pétrole pourrait venir des industriels qui commencent à proposer des produits fabriqués avec des bioplastiques obtenus à partir de composants d’origine naturelle tels que l’amidon (pomme de terre, maïs, banane…), les algues (Algopack), la chitine (carapaces de crustacés)… La filière des bioplastique n’en est qu’à ses débuts, mais les perspectives sont excellentes, à condition de ne pas entrer en concurrence avec la production d’aliments. Selon European Bioplastics, la capacité mondiale de production de bioplastiques devrait passer de 4,2 millions de tonnes en 2016 à environ 6,1 millions de tonnes en 2021. Ces bioplastiques sont utilisés principalement dans le domaine de l’emballagee (40% du marché – 1,6 million de tonnes), des biens de consommation (0,9 million de tonnes), de l’automobile (0,6 million de tonnes), et du bâtiment (0,5 million de tonnes). En 2010, près de 150 000 tonnes de pommes de terre et de céréales, soit moins de 0,02% de la production agricole mondiale, ont été utilisées pour la fabrication d’agroplastiques biodégradables et compostables. Le label “OK compost” certifie la conformité des bioplastiques à la norme européenne EN 13432 qui atteste de la biodégradabilité des produits de 90 % en 6 mois dans des conditions de compostage industriel.

Lire articles “Mieux vivre grâce à la chimie“, “Les bouteilles consignées“, “Le coût du gaspillage“, “Les produits chimiques de votre quotidien

 

 

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