Le parc du Corcovado au Costa Rica

Costa Rica

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L’Almanach Cousteau de l’Environnement – Un tour du Monde non conformiste – pages 77-78

 

En 1981 le Costa Rica, ce petit pays d’Amérique Centrale d’à peine 50 700 kilomètres carrés, était considéré comme une source d’inspiration pour son action en vue de la préservation de la faune et de la flore, considérés comme un véritable trésor national. On recensait alors dans ce véritable paradis, plus de 150 espèces de serpents et de batraciens, des milliers d’espèces d’oiseaux, d’orchidées, d’arbres… Le Costa Rica c’est aussi des paysages variés avec des forêts (3/4 du pays), des îles, un récif de coraux multicolores, des volcans, des mangroves. Le gouvernement y avait créé le plus important réseau de parcs naturels du Monde couvrant 3,5% de la superficie du pays.

Corcovado est le parc le plus important, avec 36 000 hectares de forêt tropicale humide sur la côte pacifique. C’est un lieu non pas destiné à accueillir un tourisme de masse, mais des scientifiques naturalistes venus y étudier la faune et la flore exceptionnels (singes araignées, ocelot, jaguar…). On y trouve aussi des lieux de ponte des tortues de mer (réserve naturelle de Santa Rosa) et des tortues vertes (parc naturel de Tortuguero) menacées d’extinction. La forêt équatoriale de Monteverde, gérée par le Centre des Sciences tropicales de San José, abrite le célèbre quetzal, oiseau rare et créature sacrée pour les Mayas, et le rarissime crapaud doré.

Le parc de Corcovado a été créé avec le soutien de la population locale qui y a vu un moyen de protéger son mode de vie et d’empêcher les promoteurs de spéculer sur des projets touristiques. En 1981, les experts craignaient que le Costa Rica, à cause d’une dégradation de sa balance commerciale (inflation des produits pétroliers et diminution du prix de produits exportés comme la banane et le café), ne puisse plus avoir les moyens de préserver sa formidable biodiversité.

 

Le Costa Rica est-il resté un paradis vert ?

Aujourd’hui le Costa Rica, avec ses 13 043 kilomètres carrés d’espaces protégés, soit près de 26 % du territoire (123 réserves privées et 28 parcs nationaux), a consolidé sa place de leader mondial en matière de préservation de la biodiversité. L’écotourisme est devenu le premier poste économique du pays, devant l’agriculture.

Le Costa Rica est aussi devenu un modèle dans le domaine du développement durable. Pour préserver son patrimoine naturel exceptionnel, le pays produit la majeure partie de son électricité à partir d’énergies renouvelables, principalement hydraulique, mais aussi géothermie, biomasse, éolien et solaire.

Un tableau si idyllique ne serait pas complet si nous n’évoquions l’autre face du Costa Rica. Le Costa Rica est un leader mondial pour l’exportation de fruits exotiques, principalement l’ananas, dont la production intensive nécessite l’utilisation d’énormes quantités de pesticides qui mettent en danger l’environnement et la santé de la population. D’autre part, la nature est clairement devenue une source de profit et le développement durable est de plus en plus considéré comme un simple outil marketing pour l’écotourisme, notamment pour les grandes chaines hôtelières dont la stratégie n’implique pas le développement économique et social des populations locales. La fin du paradis ?

 

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