L’autoroute du Toit du monde

L’autoroute, appelée KKH (Karakoram Highway)

L’autoroute, appelée KKH (Karakoram Highway)

Autoroute KKH (Karakoram Highway)

 

L’Almanach Cousteau de l’Environnement – Perspectives – pages 31-33

Une nouvelle autoroute de 800 km, construite entre 1966 et 1978, relie le Pakistan et la Chine en passant par le massif de Karakoram, l’une des chaînes de montagnes les plus élevées du globe. D’après les historiens, les caravanes empruntaient déjà le tracé de cette route depuis plus d’un millénaire, que ce soit pour le commerce (la fameuse route de la soie empruntée notamment par Marco Polo) ou pour la conquête de nouveaux territoires (Alexandre le Grand, Gengis Khan…).

L’autoroute, appelée KKH (Karakoram Highway), se faufile dans un paysage escarpé, entre vallées profondes et montagnes de plus de 8 000 m, dont le fameux K2 (8 611 m). Elle n’a pas été construite uniquement pour désenclaver la région, mais surtout pour des raisons géostratégiques, dans une zone politiquement instable où la moindre étincelle risquait, déjà en 1981, de déclencher l’irréparable.

L’ouverture de cette route a fait entrer brutalement le 20ème siècle dans une région moyenâgeuse, en bouleversant le mode de vie et de pensée des autochtones par un processus d’acculturation qui les a privé de leur identité. Les auteurs de l’Almanach Cousteau de l’Environnement prédisaient en 1981 que le tourisme de masse (alpinistes) et l’exploitation minière (rubis, fer, mica…) allaient avoir, dans cette région fragile, de graves répercussions sur l’environnement.

 

Qu’avons-nous fait de ces 35 dernières années ?

Je ne connais pas toutes les répercussions du Monde moderne sur la région du Karakoram. Par contre, j’ai appris que cette dernière est le siège d’un phénomène climatique singulier : Les glaciers sont stables, voire grandissent chaque année ! A l’heure où il n’est question que de réchauffement climatique, ces glaciers auraient depuis le début de ce siècle gagné chaque année 11 ± 22 cm, selon le Dr Julie Gardelle du laboratoire de glaciologie et géophysique de l’environnement (LGGE – Université Joseph Fourier de Grenoble) : Julie Gardelle, Etienne Berthier  , Yves Arnaud – Slight mass gain of Karakoram glaciers in the early twenty-first century – Nature Geoscience 5, 322–325 (2012).

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