L’Art de la guerre

L’Art de la guerre

L’Almanach Cousteau de l’Environnement – Les chiens de la guerre – pages 450-451

Ramsès II à la bataille de Qadesh (temple d’Abou Simbel)

Ramsès-II avait fait construire une pyramide pour commémorer sa victoire sur les Hittites… au cours de la bataille de Qadesh (-1286) …qu’il avait pourtant perdue (ou pas vraiment gagnée). Les fresques sur les murs n’étaient en fait qu’une vaste opération de communication destinée à glorifier le Pharaon. 16 ans plus tard les deux ennemis signaient le premier traité que l’histoire ait conservé.

Les USA avaient dépensé 225 000 dollars par ennemi tué pendant la Seconde Guerre Mondiale. Pour la Guerre du Vietnam (1963-1975) c’était un million de dollars. L’efficacité était la même pendant l’opération “Tempête du Désert” contre les troupes de Saddam Hussein (42 jours en 1991), malgré l’utilisation d’armes à visée chirurgicale dont la précision n’était sans doute pas celle décrite par les médias occidentaux.

Le Lieutenant Japonais Hiroo Onada avait passé 30 années dans la jungle de l’île de Luban (Philippines), refusant de croire que la Seconde Guerre Mondiale était terminée, jusqu’à ce qu’il accepte sa reddition en 1974, lorsque son ex-commandant lui ordonna de déposer les armes. Ce soldat persévérant avait reçu pour ordre de ne jamais se rendre et tenir jusqu’à l’arrivée de renforts. Il est mort en 2014 à l’âge de 91 ans.

La première arme secrète a été utilisée à la campagne des Hyksôs contre l’Égypte, au second millénaire avant J.C.. C’était un char tiré par un cheval. Les Hyksôs avaient des années d’avance sur les autres peuples dans le domaine militaire. Ils ont aussi apporté l’arc composite, de nouveaux boucliers, sabres, dagues, casques et cottes de mailles. Qui se souvient encore de ce peuple aujourd’hui ? Toutes les armées du monde ont développé secrètement des armes. Cette course mortelle a été poussé à son paroxysme, avec les armes secrètes développées par les nazis lors de la Seconde Guerre Mondiale, avant de se prolonger pendant la Guerre Froide.

Au cours de la Guerre du Vietnam, les américains ont livré 11 assauts en 10 jours pour prendre Hamburger Hill, une colline qu’ils abandonneront aussitôt par manque d’intérêt stratégique. Pendant la Première Guerre Mondiale, au printemps 1917, le sinistre Général Nivelle a fait massacrer près de 270 000 malheureux soldats français au Chemin des Dames. Cette grande tuerie stratégiquement inutile provoqua une vague de mutineries dans l’armée française, contre cet état-major obstiné à engager des opérations de grande envergure, sans réels objectifs stratégiques, au prix du sacrifice de centaines de milliers de soldats. La Chanson de Craonne, entonnée par les soldats qui s’étaient mutinés, fait partie des répertoires antimilitariste et anarchiste.

La bataille de Marathon aurait fait environ 6 600 morts. 440 000 soldats sont morts durant la bataille de la Somme (du 1er juillet au 18 novembre 1916). Progrès technologique ne rime pas forcément avec progrès de l’humanité. La guerre-éclair “Tempête du Désert” s’est soldée par plus de 200 000 morts du côté Irakien dont une moitié de civils, victimes “collatérales” des “frappes chirurgicales” de l’aviation occidentale (85 000 tonnes de bombes déversés sur le pays en 42 jours). Les coalisés n’ont eu à déplorer que quelques dizaines de morts, pour la plupart accidentelles. C’est ce que les militaires appellent une guerre asymétrique, et d’autres un massacre.

Hamburger Hill

“Vous prie de rester. Fournissez photos, je fournirai la guerre !”. C’est ce qu’avait télégraphié le magnat de la presse populaire américaine William Randolph Hearst, immortalisé par Orson Welles dans son film “Citizen Kane”, à l’artiste Frederick Remington qui souhaitait rentrer de Cuba, n’y trouvant aucun intérêt journalistique. C’était en 1894, peu de temps avant la guerre hispano-américaine de 1898. Cette guerre, c’est Hearst qui contribuera à la déclencher, grâce à une campagne de désinformation savamment orchestrée mettant en cause les espagnols dans l’explosion du cuirassé américain “The Maine” dans le port de La Havane (les 268 hommes d’équipage furent tués, à l’exception de l’ensemble des officiers, qui dînaient, comme par hasard, en ville).  Les USA en ont profité pour annexer Guam, Porto-Rico, les Philippines et Hawaï. Ce n’était pas la première fois, ni la dernière, qu’ils déclenchaient une guerre sous de faux prétextes, dans l’unique but de renforcer leur puissance économique et militaire. Les journaux occidentaux se sont souvent illustrés par leur façon toute particulière de relater les faits, comme ce fut le cas lors de la première Guerre du Golfe au cours de laquelle ils n’ont fait que répéter à l’envie les mensonges grossiers des politiciens américains. La chaîne de télévision qatarie El Jazeera n’est pas plus objective lorsqu’elle traite certains évènements se déroulant dans les pays arabes.

Au cours de l’invasion du Mexique, les Conquistadors de Cortès utilisèrent la graisse des indiens massacrés en guise de baume pour soigner leurs blessures. Je me garderai de faire ici l’inventaire de toutes les horreurs dont ont été capables des soldats au cours des nombreux conflits de l’histoire. Ce que l’on peut dire, c’est que la cruauté dont est capable l’être humain est sans limite.

Le 30 juillet 1972, 53 caribous furent retrouvés morts près d’une base militaire américaine en Alaska, spécialisée dans les expériences chimiques et biologiques. La version officielle fut que les animaux avaient été frappés par la foudre. Inutile et trop fastidieux de dresser la liste de tous les mensonges des militaires au cours de l’histoire. Ce dont il faut se rendre compte, c’est que l’histoire que nous avons apprise est celle contée par les vainqueurs, pas forcément celle relatant la vérité des faits.

Les récits des victoires remportées par la Dynastie Qin (265-420) se terminaient généralement par ” …une centaine de têtes furent coupées.». Les chinois avaient une façon particulière de fêter leurs victoires. D’autres ont fait preuve eux aussi de beaucoup d’imagination. On peut citer le cas de Vlad III (1431-1476), prince de Valachie (Roumanie), une province qui constituait au XVème siècle le dernier rempart du christianisme face à l’invasion Ottomane. Le prince Vlad doit sa réputation à son extrême cruauté envers ses ennemis qu’il aimait mettre au pal, d’où son surnom d’Empaleur. Il s’est fait connaître par la “Forêt des Pals”, composée des corps d’officiers turcs empalés aux alentours dans sa forteresse de Targoviste en Transylvanie. Après sa mort, il fut surnommé “Dracula”, ce qui signifie “le diable” en langue valaque.

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