L’agroforesterie

L’agroforesterie

La forêt Féconde

L’agroforesterie caractérise l’association diversifiée d’arbres et de cultures (et parfois d’animaux) sur une même parcelle. Mise en œuvre sur des principes agroécologiques, cette forme d’agriculture devient une réponse pertinente aux défis environnementaux et sociétaux auxquels nous sommes confrontés depuis plus d’un demi-siècle.

A partir du milieu du XXème siècle, l’agriculture s’est développée sur une opposition marquée entre production et préservation de l’environnement. La course au rendement et au profit semble avoir empêché tout discernement. Pour augmenter la surface des parcelles, les agriculteurs n’ont pas hésité à arracher les haies, ouvrant des couloirs aux vents et favorisant les inondations, ce qui ne faisait qu’accélérer l’érosion éolienne et aquatique. La croissance effrénée de l’agriculture productiviste, conjuguée à celle des villes et des industries, a dégradé des superficies de plus en plus vastes. Depuis plus d’un demi-siècle, les terres arables partent en poussière à une vitesse dangereusement élevée, au point de mettre en péril l’humanité si rien n’est fait pour ralentir ce phénomène. Il ne faudrait pas penser que le réchauffement climatique est la seule épée de Damoclès que nous avons-nous-même suspendue au dessus de nos têtes.

Il faut rappeler que les cités se sont construites historiquement à proximité des meilleures terres agricoles car il fallait nourrir la population par des productions locales (ce qui était importé coûtait extrêmement cher et était réservé à une petite minorité de nantis). On pouvait alors réellement parler d’autonomie alimentaire. Cette pratique a pu perdurer durant des siècles sans mettre en péril la conservation du patrimoine naturel. Aujourd’hui, les meilleures terres sont artificialisées et tout le monde parle de l’autonomie alimentaire des villes comme d’une utopie.

Les terres arables ne sont pas les seules à disparaitre sous les coups de boutoir de la société consumériste. La forêt diminue elle aussi inexorablement depuis de décennies, en particulier au profit d’exploitations agricoles. Il ne s’agit pas uniquement d’arbres, mais bien de véritables écosystèmes, parfois uniques, qui ont disparus de la surface de la planète. Cette véritable catastrophe environnementale contribue fortement à la sixième extinction massive des espèces vivantes, la première d’origine anthropique.

L’Agroforesterie : une solution intégrée

Il existe pourtant une solution intégrée pour préserver la forêt tout en pratiquant l’agriculture : l’agroforesterie.  En 1993, le World Agroforestry Centre a défini l’agroforesterie comme un système d’utilisation des terres intégrant sur la même parcelle, de manière pérenne et volontaire, des forêts et des cultures agricoles ou pâturages. L’agroforesterie apporte bois, fruits, ombre, protection et abri aux auxiliaires de l’agriculture, tout en augmentant la productivité globale. Il s’agit en fait de créer, ou de restaurer, de véritables écosystèmes à plusieurs étages (arbres, arbustes, maraîchage…) qui favorisent les synergies inter-espèces. Les arbres jouent un rôle formidable d’amélioration et de maintien des sols, de stockage de l’eau, d’enrichissement de la biodiversité, de protection des cultures, de régulation du microclimat local… Selon la FAO et l’ONU, ce procédé serait, l’un des moyens les plus efficaces de lutte contre la pauvreté.

Ceux qui détruisent la forêt pour s’enrichir, ou simplement survivre, tiennent rarement compte de ce que dit la FAO. Les agriculteurs des pays en voie de développement continuent de privilégier la culture traditionnelle sur brûlis, attachés à ce procédé ancestral aux bénéfices immédiats qui leur permet de nourrir leurs familles. Confrontés à des nécessités élémentaires de survie immédiate, ils ne peuvent se payer le luxe de songer à la préservation de la planète pour les générations futures. Difficile de leur en vouloir lorsque nous ne faisons rien, ou presque, pour les aider dans la transition agroforestière.

Nous pouvons aujourd’hui tirer parti à la fois des apports de pratiques traditionnelles et des travaux de recherche et développement pour optimiser des systèmes agroforestiers durables et performants qui
répondent aux enjeux agronomiques, sociétaux et environnementaux actuels. Adaptée aux territoires urbains et périurbains l’agroforesterie permettrait de réconcilier les citoyens avec la terre nourricière.

Nous assistons aujourd’hui à un engouement pour les « forêts nourricières ». Même s’il ne s’agit encore que de bois de petites surfaces, nous ne pouvons que soutenir, et mieux encore participer à cet élan salvateur.

 

La Forêt Féconde

 

L’association « La forêt féconde » (https://laforetfeconde.fr/) a été créée pour accompagner la création de ces forêts nourricières, en mettant à profit ses connaissances pour le choix des arbres et des variétés adaptés aux conditions locales et aux objectifs particuliers. La conception multi-strates avec arbres de la canopée, arbustes, plantes herbacées, couvres-sols, lianes, rhizomes…permet de recréer de véritables écosystèmes. A terme, une forêt-jardin tend vers un écosystème autonome et renouvelable, dans lequel les équilibres se créent naturellement, favorisant la préservation de la biodiversité.

La Forêt Féconde se donne pour mission de communiquer autour du concept de forêt-jardin, encore peu connu en France il y a quelques années, et de le faire connaitre au plus grand nombre, par l’intermédiaire des réseaux sociaux, de vidéos, de rencontres et d’échanges.

 

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