L’Acropole d’Athènes menacée

Acropole Athène

Acropole d’Athènes

L’Almanach Cousteau de l’Environnement – Un tour du Monde non conformiste – pages 97-98

En 1981, les grecs s’alarmaient de la pollution atmosphérique, en particulier des pluies acides, qui rongeait les temples de l’Acropole d’Athènes, symbole d’une civilisation prestigieuse. Ces temples où les pierres étaient ajustées les unes aux autres sans aucun mortier avaient pourtant résisté plus de 2500 ans aux ravages du temps.

Les pluies acides sont dues principalement à l’anhydride sulfureux provenant des gaz d’échappement des véhicules et des systèmes de chauffage des habitations. L’acide sulfurique qui se forme transforme le calcaire du marbre en poudre de sulfate de chaux.

Bien entendu, les pluies acides ne se contentaient pas des temples d’Athènes et rongeaient aussi les cathédrales et autres monuments prestigieux d’Europe et du Monde. De plus, les supports métalliques qui avaient été installés en nombre au début du XXème siècle pour stabiliser les édifices commençaient à se corroder et à entrainer la fissuration du marbre. Il fallait tous les remplacer par des alliages inoxydables.

Pour tenter de préserver ses monuments des pluies acides, la Grèce décida de prohiber la circulation automobile et les combustibles à forte teneur en soufre dans le quartier de l’Acropole. Malgré toutes ces précautions, l’Acropole semblait condamnée à disparaitre un jour, symbole d’un monde moderne qui semblait ne devoir accepter aucun compromis.

La situation s’est-elle améliorée depuis 1981 ?

En 1987 l’Acropole d’Athènes a été inscrite sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO qui avait déjà lancé, dix ans auparavant, une campagne internationale pour la sauvegarde de ce site menacé. Les problèmes de dégradation due à la pollution atmosphérique ont même nécessité d’enlever des sculptures décoratrices de certains bâtiments pour les  sauvegarder à l’intérieur du Musée. Elles ont été remplacées par des reproductions fidèles. Aujourd’hui, les travaux se poursuivent, en particulier concernant le Parthénon  et le temple d’Athéna Niké.

L’Acropole n’est malheureusement pas un cas isolé. Parmi les sites historiques sérieusement endommagés par les pluies acides, on peut citer la statue monumentale du Bouddha de Leshan (Chine) ou le Taj Mahal (Inde).

Les pluies acides ne sont pas uniquement délétères pour les monuments historiques mais elles sont aussi néfastes pour l’environnement. Les pluies acides acidifient les eaux des lacs, ruisseaux, marécages et autres milieux aquatiques, entrainant une solubilisation de certains métaux toxiques, comme l’aluminium, qui empoisonnent alors la faune aquatique (écrevisses, poissons…), impactant l’ensemble de l’écosystème.

Les pluies acides endommagent aussi les forêts, en particulier celles situées en altitude et les plantes qui ne possédant pas de racines (lichens) et puisent les éléments nutritifs à leur croissance directement dans l’atmosphère. L’acidification du sol par les pluies acides modifie l’absorption des sels minéraux et perturbe la synthèse chlorophyllienne (jaunissement et chute du feuillage).

Tout le monde le sait aujourd’hui, la seule façon de lutter efficacement contre les pluies acides est de  limiter la libération des polluants responsables et donc de réduire le recours aux énergies fossiles. Il n’y a que deux moyens d’y parvenir : économiser l’énergie et privilégier les énergies renouvelables.  Mais même si les pluies acides étaient stoppées dès aujourd’hui, il faudrait de nombreuses années pour voir disparaitre leurs effets nocifs.

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