La viande : quelques faits

La viande : quelques faits

L’Almanach Cousteau de l’Environnement – Boire, manger, respirer – page 488

En 1980, un tiers des céréales produites dans le monde servait à nourrir le bétail qui ne représentait pourtant qu’un dixième des calories alimentaires. Il y avait assez de grains pour apporter quotidiennement à chaque personne 3000 calories. Aux Etats-Unis, environ deux tiers des terres céréalières étaient utilisées pour l’alimentation du bétail. Aujourd’hui, c’est 70 % des surfaces agricoles mondiales qui sont utilisées pour l’élevage, directement (pâturage) ou indirectement (céréales et oléagineux destinés à l’alimentation animale).

Les pays occidentaux exportaient 3 millions de m3 de protéines sous forme de céréales aux pays “sous-développés” dont ils importaient quatre millions de m3 de protéines sous forme d’oléagineux et de farine de poisson principalement destinés à l’alimentation du bétail. Un tiers des arachides africaines servaient à nourrir le bétail en Europe. Selon la FAO (Food and Agriculture Organization), la facture mondiale des importations alimentaires  en 2017 est supérieur à 1300 milliards de dollars, soit  une hausse de l’ordre de 10% depuis 2016. La facture progresse surtout dans les pays les moins avancés, souvent tributaires des importations de viande, de sucre, de produits laitiers et de produits protéagineux. Dans ce contexte, le fardeau des importations alimentaires risque d’y devenir insupportable, en particulier dans les périodes de pénurie, de hausse et de volatilité des prix des denrées alimentaires de base.

A la fin des années 70, les pays industrialisés (USA, Canada, Europe…) consommaient quotidiennement 3 kg de céréales par habitant, dont 2,5 kg pour nourrir le bétail, alors qu’en Inde la consommation n’était que de 0,5 kg. Selon la FAO, la consommation mondiale de viande a doublé en moins d’un demi-siècle et devrait encore augmenter d’ici 2050. Avec plus de 9,6 milliards d’habitants sur la planète en 2050, continuer à consommer à l’échelle de la planète de plus en plus de viande est une véritable impasse écologique. La consommation moyenne annuelle de viande en 2015 est de 41,3 kg, dont 10,1 kg de viande de bœuf. Ce chiffre cache d’énormes disparités selon les pays. Ainsi, la consommation moyenne de viande aux Etats-Unis est supérieure à 100 kg, soit 20 fois plus qu’en Éthiopie.

Le cheptel mondial produisait autant de déjections que 15 milliards d’humains. Selon la FAO, l’élevage est responsable de 18 % des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial, soit davantage que les transports. Le méthane émis par les éructations des ruminants a un potentiel de réchauffement climatique global 23 fois supérieur à celui du CO2. L’élevage produit 37 % du méthane d’origine anthropique. Le fumier est responsables de 65 % des émissions d’oxyde nitreux, le plus puissant des gaz à effet de serre.

La viande contenait de nombreux résidus de molécules chimiques dont certaines particulièrement toxiques. Aujourd’hui, c’est toujours le cas. Les animaux sont nourris avec des céréales et des oléagineux issus de champs pulvérisés avec de grandes quantités de pesticides chimiques qui se retrouvent à l’état de traces dans la graisse animale. Le bétail est traité avec des hormones de croissance, des stimulants de l’appétit, des antibiotiques, des sédatifs, des compléments alimentaires… Au sommet de la chaîne alimentaire, nous consommons régulièrement de véritables cocktails de résidus chimiques.

Si, à la fin des années 70, toute la population mondiale avait imité le mode de vie des américains, il aurait fallu au moins 2 planètes. Aujourd’hui, il en faudrait 5 (Global Footprint Network).

La viande contient de 20 à 30% de protéines, alors que le soja en contient près de 43%, les haricots secs de 20 à 25% et les œufs 14%. Le taux d’utilisation net des protéines de la viande (65-70) est similaire à celui d’aliments comme le germe de blé (65) ou le riz complet (70). Les protéines animales sont généralement plus riches en acides aminés indispensables que les protéines végétales. Certaines protéines végétales présentent une teneur limitante en acides aminés indispensables, la lysine pour les céréales, et les acides aminés soufrés pour les légumineuses. Pour obtenir une alimentation équilibrée en acides aminés, il suffit d’associer différents aliments végétaux, par exemple des graines de légumineuses (lentille, fèves, pois, etc.) avec des céréales (riz, blé, maïs, etc.). Mais la viande n’apporte pas seulement des acides aminés et une alimentation exclusivement d’origine végétale peut entraîner un déficit en vitamine B12, ce qui oblige à avoir recours à une supplémentation. Les végétariens pallient à ce déficit en consommant quotidiennement des œufs ou des produits laitiers.

 

 

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