Il y a beaucoup à sauver : Les grosses sirènes

Lamentins

Lamentin

 L’Almanach Cousteau de l’Environnement – Il y a beaucoup à sauver – pages 264-266

 

Enfin, un titre un peu amusant

Les “grosses sirènes” de l’Almanach Cousteau de l’Environnement (1981) sont les lamantins et les dugongs, des mammifères marins de l’ordre des siréniens. Ce sont eux qui ont inspiré la mythologie des sirènes et des tritons. Pourtant ils n’ont pas vraiment de quoi ensorceler un marin, même si ce dernier est en mer depuis très longtemps.  On les surnomme aussi “vaches de mer”, ce qui semble plus approprié parce qu’ils passent la plupart de leur temps à brouter l’herbe des fonds marins .

Les siréniens sont les seuls mammifères marins herbivores. Ils sont friands de jacinthes d’eau et s’avèrent donc très utiles pour nous débarrasser de cette véritable peste végétale (lire article “Les jacinthes d’eau“). Ces gros animaux débonnaires vivent dans les baies calmes et peu profondes et dans les estuaires des zones tropicales. A la fin des années 70, les populations de lamantins et de dugongs avaient depuis longtemps décliné, chassés pour leur graisse et leur chair savoureuse. Il ne restait que 3 espèces de lamantins et une de dugong (la rhytine de Steller, une espèce pouvant peser plus de 10 tonnes, avait été intégralement exterminée entre 1741 et 1768). La chasse aux dugongs avait été interdite dans la plupart des pays comme l’Australie,  la Nouvelle-Guinée ou l’Inde, mais le braconnage perdurait, en particulier dans les régions les plus pauvres. Les siréniens ont aussi souffert de la dégradation de leur environnement par la pollution, l’ensablement des estuaires, les filets de pêche, les hélices des bateaux….

Le dugong est aujourd’hui protégé par plusieurs textes internationaux et inscrit sur la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Sa population n’est pas connue avec certitude mais décline dangereusement.

Le lamantin est l’un des premiers animaux à avoir été inscrit sur la liste des espèces en danger. La population totale est estimée à 13 000 individus, vivant essentiellement dans les eaux caribéennes et le long des côtes de Floride, de Colombie, du Venezuela et du Brésil. L’accroissement de cette population au cours de ces 25 dernières années, tout particulièrement en Floride, pourrait prochainement faire basculer le lamantin sur la liste des espèces simplement menacées.

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