Il n’y a pas de pollution sans importance

L’Almanach Cousteau de l’Environnement – Les affaires continuent… – pages 420-421

 

Avant l’ère industrielle, les rivières apportaient les substances nutritives aux océans. Depuis des décennies, elles apportent surtout des déchets. L’Almanach Cousteau tirait quatre leçons à partir de l’exemple de fûts remplis de pesticides organofluorés (très toxiques) vidés par ignorance dans la rivière voisine d’une usine chimique abandonnée, tuant au passage près d’un million de poissons (500 tonnes de cadavres) et des millions de batraciens et d’insectes.

  • Première leçon : Les citoyens doivent se considérer comme des gestionnaires de l’eau
  • Deuxième leçon : Nous restons impuissants devant la plupart des pollutions
  • Troisième leçon : L’action citoyenne et la science peuvent permettre de sortir de l’impasse écologique
  • Dernière leçon : Une simple pollution peut avoir de graves conséquences sur la biodiversité

Ces leçons restent toutes valables aujourd’hui. Les “simples pollutions” n’ont cessé de s’accumuler et nous vivons aujourd’hui ce qui s’apparente à la sixième grande extinction des espèces, après celle des dinosaures il y a quelques 65 millions d’années (lire articles “Espèces animales disparues“, “Plantes menacées“, “La liste rouge de l’UICN“).

Ce qui a changé depuis la fin des années 80, c’est d’une part une plus grande prise de conscience de la fragilité de l’environnement par les citoyens (pas tous, hélas), et d’autre part des innovations importantes dans le domaine des procédés durables.

Des technologies innovantes de plus en plus nombreuses sont disponibles pour limiter l’impact de l’activité humaine (énergies vertes, habitation, biomatériaux…). Le principal obstacle à la mise en œuvre de ces technologies reste la cupidité des industriels qui, en l’absence de lois contraignantes, choisiront toujours la rentabilité financière à la préservation de l’environnement. Même les technologies les plus modernes ne permettent pas encore de gommer les catastrophes écologiques générées par des naufrages de pétroliers, des explosions de plateformes offshore, la fusion d’un réacteur nucléaire… Pourtant, les industriels continuent de prendre des risques insensés, sachant qu’ils ne seront jamais poursuivis à hauteur des dégâts causés.


Les mouvements citoyens et les associations écologistes ont permis, après des combats longs et acharnés, d’inciter les gouvernements à voter des lois pour la préservation de l’environnement. En France, si l’écologie politicienne semble avoir perdu toute crédibilité, nous assistons aujourd’hui à une mobilisation citoyenne grandissante. Le mouvement Colibris, créé en 2007 sous l’impulsion de Pierre Rabhi, se mobilise pour construire une société écologique et humaniste, basée sur l’implication de chaque citoyen au profit du collectif et de l’environnement. Il accompagne ou coproduit des films militants qui laissent espérer que la transition vers une société plus humaine et écoresponsable est déjà en marche : “Demain !”, “En Quête de Sens”, “Solutions locales pour un désordre global”. D’autres mouvements comme “Incredible Edible” (“Incroyables Comestibles”) préconisent la réimplantation de potagers au sein des villes et le partage des récoltes. François Rouillay va encore plus loin en militant pour l’autonomie alimentaire des villes à l’horizon 2020. La transition est en marche, mais il va falloir accélérer le pas…

Si nous produisons aujourd’hui plus de richesses que l’homme n’en a jamais produites au cours de l’histoire, c’est parce que nous avons fait de la consommation notre mode de vie. La croissance est devenue le dogme du système capitaliste et risque de nous entrainer vers une crise écologique majeure. Kenneth E. Boulding écrivait en 2008 que “celui qui croit qu’une croissance exponentielle peut continuer indéfiniment dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste.”. Le développement durable, qui cherche à concilier croissance économique et respect de l’environnement, est sans doute un début de solution. C’est une simple question de bonne gestion d’un patrimoine naturel que nous devons préserver au mieux parce que nous n’avons pas d’autres planètes à habiter.

Vivre simplement pour que simplement d’autres puissent vivre” (Gandhi)

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *