Le golfe arabo-persique, artère de l’occident

Les + grandes marées noires

Les + grandes marées noires

L’Almanach Cousteau de l’Environnement – Un tour du Monde non conformiste – pages 87-89

 

Le golfe Arabo-persique, situé au dessus d’une véritable mer souterraine de pétrole, a été appelé “artère aorte” de l’économie occidentale. Il se caractérise par une faible profondeur (34 mètres en moyenne), ce qui le rend particulièrement sensible aux polluants issus des industries et des villes environnantes dont l’expansion est financée par les colossaux revenus pétroliers. Cette pollution est amplifiée par les énormes quantités d’eaux salées rejetées par les nombreuses usines de dessalement qui se concentrent sur le littoral. Les effets réels de cette pollution massive étaient encore mal connus en 1981.

La transformation physique des côtes s’accélérait avec la construction de nouveaux ports de plaisance, d’hôtels et de logements destinés à une population qui devait doubler en une décennie. Sachant que la manne pétrolière n’allait pas durer éternellement, les pays du Golfe s’étaient lancés dans une industrialisation forcenée. Ainsi l’Arabie Saoudite avait investi en 1975 pas moins de 100 millions de dollars par kilomètre de littoral. Ces pays prélevaient les matériaux nécessaires à ces constructions directement au fond de la mer, ce qui n’était pas sans conséquences pour les écosystèmes marins.

Le golfe Arabo-persique était devenu le symbole d’une planète transformée par la cupidité des hommes.

 

La situation s’est-elle améliorée depuis 1981 ?

Au cours des 35 dernières années le golfe persique a été martyrisé par une suite incessante de conflits : Guerre Iran/Irak 1980/1988, invasion du Koweït par l’Irak en 1990, 2ème Guerre du Golfe (1990/1991), Invasion de l’Irak par les USA en 2003. Ces conflits ont provoqué une pollution massive, en particulier des milieux littoraux, les nappes d’hydrocarbures ayant été pour l’essentiel drossées sur les côtes par le jeu des courants et des vents. L’une des plus importantes marées noires dans la région eut lieu sur le site pétrolier iranien de Nowruz heurté par un navire en 1983 : 240 m3 s’échappaient chaque jour du puits. Pendant la 2ème Guerre du Golfe l’armée irakienne sabota des puits de pétrole du Koweït : 700 000 à 1 447 000 tonnes de pétrole se répandirent en une immense marée noire.

Il est difficile de dresser le bilan écologique de ces marées noires à répétition, étant donné le peu d’informations sont disponibles. On peut cependant estimer que plus de 95% des récifs sont menacés par la pollution due au trafic maritime et aux installations pétrolières et gazières offshore, notamment au Bahreïn, à Djibouti, en Iran, au Koweït, au Qatar et au Yémen.

Selon un article paru dans la revue Nature Climate Change en octobre 2015, le réchauffement climatique pourrait rendre à terme la région quasiment inhabitable pour l’homme avec des températures estivales moyennes de 45°C et des pics de chaleur humide proches de 80°C. Il y a peu de chance que cette menace puisse entraver la folle course au profit.

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