Game Over

Game Over

Game Over

“Enrôlé de force, quelques coups de crosse sur un visage d’enfant, c’est comme un fruit qui se fend. Dans la jungle pire encore, mais que rien n’interdira. Vivant dans son trou comme un rat, mais que rien n’interdira. Car j’ai vu son visage dans le delta et la mangrove, et la pourriture des villes, Nouveau Tchernobyl de bave et de bile, mais à nos portes qui se presse. Le chloroforme et la compresse, dans la jungle pire encore, mais que rien n’empêchera. Vivant dans son trou comme un rat, vivant comme un enfant soldat. Car j’ai vu son visage… Kilomètre 20, ils étaient bien vingt, les cheveux rouges comme de l’étoupe, avec la machette, le coupe-coupe. Je l’ai posé près de la route, c’est cette eau sale qu’il a bue, cadavres de chiens, de zébus. C’est cette eau sale qu’il a bue. Car j’ai vu son visage… Une chaleur atroce, le ciel qui se teinte en gris. Enrôlé de force, de Lagos à Conakry, quelques coups de crosse. Ces lèvres noires qui me sourient, dures comme de l’écorce, de Lagos à Conakry, dans la jungle pire encore. Car j’ai vu son visage.” (Gérard Manset, “L’enfant soldat” 2006)

Alors moi, j’ai eu envie de peindre une jolie petite fille pour sortir ce pauvre enfant-soldat du monde de ces crétins d’adultes qui passent leur vie à s’entretuer. Elle lui dit que jouer à la guerre c’est terminé, que la partie est finie et qu’il n’y aura pas de vainqueur … Game-over… Viens jouer au ballon avec moi s’il te plait…

enfant soldat

 

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