Flipper, le dauphin transformé en chair à pâtée

L’Almanach Cousteau de l’Environnement – Les affaires continuent… – page 422

 

Massacre de dauphins dans la Baie de la Honte

Les dauphins, pourtant réputés amis de l’homme depuis l’Antiquité (tuer un dauphin était considéré comme un crime vis-à-vis des Dieux), animaux sacrés pour la plupart des peuples (de la Mauritanie à Terre de Feu, de Madagascar à la Polynésie), étaient pêchés dans les années 70 pour être transformés en chair à pâtée pour les animaux (chiens, chats, cochons…). Les pêcheurs ont commencé par les massacrer parce qu’ils leur reprochaient d’être des prédateurs concurrents qui mangeaient leurs poissons (une prime leur était même versée par l’État). Ce n’était pas un phénomène vraiment nouveau, puisque les chasseurs réservaient depuis très longtemps le même sort aux loups, renards, ours et lynx, autant d’espèces qui ont été pour la plupart pratiquement exterminées. Dans les années 70, le massacre était devenu une affaire industrielle. Ce sont les Soviétiques et les Japonais, ceux qui possédaient les dernières grandes flottes baleinières, qui prélevaient le plus de dauphins, causant une véritable hécatombe. Dans les années 30, on comptait en Mer Noire quelques près de 2 millions de dauphins (dauphins communs, dauphins souffleurs (comme Flipper), marsouins). Il en restait à peine 200 000 à la fin des années 70, malgré les quotas fixés. En Norvège, on chassait l’orque, aux Îles Féroé le globicéphale, et en France on chassait le dauphin au harpon, voire même au fusil.

Chaque année, selon une tradition vieille de 400 ans, des milliers de dauphins sont massacrés dans la petite baie de Taiji au Japon. Ce massacre inacceptable a été rendu célèbre par le documentaire “The Cove, la baie de la honte“, récompensé par un Oscar en 2010. Suite au film, la consommation de viande de dauphin fut interdite dans les cantines scolaires de la région, à cause d’un  taux de mercure beaucoup trop  élevé. Le pire c’est que ces dauphins sont massacrés avant tout pour le spectacle, pour satisfaire la demande des delphinariums du monde entier. Il faut dire que l’intérêt financier est alléchant, un dauphin destiné aux parcs aquatiques se revendant jusqu’à 130 000 euros . Seule une toute petite partie des dauphins capturés est en réalité vendue aux delphinariums, généralement des dauphins souffleurs femelles. Les autres sont massacrés avant d’être dépecés pour finir comme “viande de baleine” dans les restaurants (450 euros par dauphin). Selon Sea Shepherd plus de 630 dauphins ont été tués et 117 capturés lors de la saison 2015-2016 (25 fois moins qu’en 2010).

Les japonais ne sont pas les seuls à aimer massacrer les dauphins. Chaque année, entre juin et octobre, des centaines de globicéphales sont massacrés, lors de leur migration le long des côtes des Îles Féroé, province autonome du Danemark entre l’Écosse et l’Islande. C’est ce qu’on appelle le Grindadrap (“Mis à mort des baleines”), une vieille tradition danoise datant du XVIème siècle. Ces animaux particulièrement intelligents restent en famille tout au long de leur vie. ils ne cherchent pas à s’enfuir pendant le massacre, ne quittent jamais leur famille et préfèrent mourir avec elle. Les bateaux rabattent les animaux le plus près possible de la côte, là où leurs bourreaux armés de couteaux les mettent à mort. Plus de 150 cétacés peuvent être tués en une seule matinée. Le plus absurde dans cette macabre histoire, c’est que la viande de globicéphale a été jugée impropre à la consommation en 2008, notamment pour les femmes enceintes et les enfants, à cause de teneurs trop élevées en métaux lourds comme le mercure. En fait,les dauphins sont massacrés uniquement pour le plaisir.

Au cours des six premiers mois de l’année 2017, près de 1000 dauphins ont échoués sur les plages britanniques et françaises, soit le plus haut niveau depuis 14 ans. Les chalutiers géants de la Manche seraient la principale cause de ces décès. Les petits cétacés qui se prennent dans leurs filets, se blessent et finissent par mourir d’épuisement. Le nombre de dauphins ainsi tués serait six fois plus élevé, la plupart mourant en pleine mer.

 

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