Le détroit de Malacca

Trafic maritime dans le détroit de Malacca

Trafic maritime dans le détroit de Malacca

L’Almanach Cousteau de l’Environnement – Un tour du Monde non conformiste – pages 85-86

Le détroit de Malacca, situé entre l’Indonésie et la Malaisie, est le plus court chemin maritime entre l’océan Indien et Pacifique. C’est, depuis des siècles, l’une des plus importantes voies de navigation maritime au monde. Presque tout le pétrole destiné au Japon y transite et on estimait en 1981 que 4300 pétroliers empruntaient cette voie chaque année. Cela représentait plus de 300 millions de tonnes de bruts et dérivés du pétrole. Le trafic était si dense qu’en moyenne un navire en croisait un autre toutes les neuf minutes. La traversée était rendue encore plus dangereuse par l’étroitesse de ce couloir maritime, les bancs de sable et la taille grandissante des navires. En huit ans on avait recensé pas moins de 43 accidents dont 10 provoquèrent des fuites de pétrole qui s’ajoutèrent aux pollutions causées par le dégazage sauvage des tankers et par les énormes raffineries de Singapour. Le détroit de Malacca était devenu la zone maritime la plus polluée. Sa situation géographique la protégeait des vagues des hauts fonds et des grands courants marins, ce qui favorisait la stagnation des polluants.

On craignait La catastrophe, La grande marée noire, qui aurait eu des conséquences terribles pour la population locale vivant essentiellement de la pêche et pour l’environnement.

 

La situation s’est-elle améliorée depuis 1981 ?

Aujourd’hui, le détroit de Malacca reste l’une des voies maritimes les plus empruntées au monde, avec une fréquence record d’un bateau toutes les 8 minutes (un quart du trafic mondial). Son importante stratégique s’est accrue avec la mondialisation économique qui a eu pour effet de multiplier les échanges internationaux qui passent à 90% par voie maritime.

Le détroit de Malacca est au cœur des échanges de pétrole entre le Moyen-Orient (57 à 66% des réserves mondiales de pétrole) et l’Asie (60% des importations pétrolifères moyen orientales). Bien d’autres marchandises y transitent, en particulier celles échangées entre l’Asie, essentiellement Chine, Japon et Corée du Sud, et l’Europe, via  le canal de Suez : produits agricoles, aliments, textiles, électronique…

Revers de la médaille, Malacca est aussi une zone privilégiée pour la piraterie et une cible potentielle pour un terrorisme de plus en plus menaçant.

Et le risque de grande marée noire n’a jamais été aussi élevé…

 

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