Le désert du Néguev, Israël

 

Accès à l'eau en Palestine

Accès à l’eau en Palestine

L’Almanach Cousteau de l’Environnement – Un tour du Monde non conformiste – pages 89-90

 

En 1981 près de 680 millions de personnes habitaient des régions quasi-désertiques, vivant le plus souvent d’élevage (ce qui n’est pas le meilleur moyen de préserver une végétation déjà rare). Chaque année, le désert progressait d’une superficie égale à celle de l’Autriche.

Contre cette avancée, seul Israël a su réellement lutter. L’état juif, établi en 1948 sur un territoire à moitié désertique, a su optimiser au maximum le peu d’eau disponible pour produire 80% de sa nourriture et même exporter certaines denrées agricoles, notamment des agrumes. Grâce à d’ingénieux systèmes de goutte à goutte à partir d’eau amenée du Lac de Tibériade (350 millions de mètres cubes) par un réseau d’aqueduc et de pipeline, les israéliens ont commencé à faire reverdir le fameux désert du Néguev (celui de la Bible). Ils espéraient implanter 1 million de personnes dans le désert, contre à peine 14 000 en 1949.

Les Israélien avaient aussi pour projet d’extraire l’eau salée gisant dans les énormes réserves situées à environ 500 mètres sous la surface du désert. De nombreux scientifiques craignaient que l’injection de fortes quantités d’eau en surface ait pu provoquer une destruction des fragiles écosystèmes du désert. Côté politique, Israël n’était pas prêt à partager sa technologie agricole avec les pays arabes voisins.

 

La situation s’est-elle améliorée depuis 1981 ?

Aujourd’hui, Israël contrôle tout le système de l’eau de la région, en particulier dans les territoires occupés de Palestine où seulement 25 % de l’eau leur est laissée. La consommation moyenne en eau par habitant d’un Israélien est 5 fois plus importante que celle d’un Palestinien. Israël prélève les deux tiers de ses besoins en eau du Lac de Tibériade, de Cisjordanie et de la nappe de la bande de Gaza. L’accès à l’eau est, dans cette région du Monde, d’un intérêt stratégique extrême, ce qui pourrait occasionner de graves affrontements. Face au réchauffement climatique et à une forte croissance démographique, la situation ne pourra qu’empirer…

… A moins que ces peuples qui s’affrontent depuis des décennies fassent le choix d’une entente sur le partage de l’eau douce. Ce serait une formidable leçon d’humanisme que cette région donnerait au Monde. Il faut bien rêver pour avancer.

 

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