Déclaration des droits des générations futures

L’Almanach Cousteau de l’Environnement – Perspectives – pages 12-13

Il y a de cela plus de 35 ans la Fondation Cousteau avait ébauché une Déclaration des Droits des Générations Futures (Gabriel G. Nahas, E. Allen Farnsworth, H. Stanley Thayer). Ce document servira de base pour la rédaction de la Déclaration sur les responsabilités des générations présentes envers les générations futures adoptée par l’UNECO le 12 novembre 1997.

Article 1 : Les générations futures ont droit à une Terre indemne et non contaminée comme le support de l’histoire de l’homme, de la culture et des liens sociaux qui font de chaque génération et de chaque individu des membres de l’humanité.

Article 2 : Chaque génération dépend des biens et du patrimoine foncier. Elle a le devoir, en tant que curateur des générations futures, d’empêcher toute atteinte irréparable et irréversible à la vie sur la Terre et à la dignité et la liberté de l’homme.

Article 3 : Il est par conséquent du devoir suprême de chaque génération, afin de préserver les droits des générations futures, d’assurer la surveillance sans faille des évolutions et des transformations de la technologie qui seraient de nature à nuire à la vie sur Terre, à l’équilibre naturel, ou au développement harmonieux du genre humain.

Article 4 : Tous les moyens nécessaires, y compris l’enseignement, la recherche et la législation, devront être mis en œuvre afin de garantir ces droits et d’assurer qu’ils ne seront pas sacrifiés à la facilité, au profit ou à l’opportunité du moment.

Article 5 : Les gouvernements, les organisations gouvernementales, et les individus sont instamment appelés à mettre dès maintenant ces principes en application, comme s’ils se trouvaient déjà face aux générations de l’avenir, devant lesquelles ils sont reconnus pleinement responsables.

(Fondation Cousteau)

Une ancienne citation amérindienne disait à peu près la même chose : “Treat the earth well: it was not given to you by your parents, it was loaned to you by your children. We do not inherit the Earth from our Ancestors, we borrow it from our Children.” (Préserve la Terre : Elle n’est pas un don de tes parents, elle vous est prêtée par vos enfants. Nous n’héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nous enfants).

C’est une déclaration emprunte d’un profond humanisme dont chacun de nous ne peut qu’admettre l’évidente nécessité. Mais c’est une déclaration qui n’engage réellement personne, tout comme la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (1948) qui, dès le premier article, montre un écart abyssal avec la réalité : “Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.” Ce genre de déclaration est une sorte de morale moderne qui, au delà de toute religion, pose les bases de ce qui devrait être idéalement fait, pour le bonheur de l’humanité. Il faut bien avoir un objectif pour continuer à avancer, même si l’on ne suit pas toujours exactement le plan.

 

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