Couts cachés de la nourriture

L’Almanach Cousteau de l’Environnement – Coûts cachés – page 232

A la fin des années 70 le coût de la nourriture aux Etats-Unis augmentait chaque année de 10 à 15%. Pourtant, les fermiers étaient mécontents. Ils ne recevaient qu’environ 1/3 (32,4%) du prix des aliments, le reste étant partagé entre le grossiste (10%), le transporteur (5,2%), le transformateur (17,2%) et le détaillant (35,2%). C’était à peu près la même chose en Europe.

Pour tenter d’analyser, à défaut de réduire, cette distorsion des marges, la France s’est dotée en 2010 d’un Observatoire de la Formation des Prix et des Marges des Produits Alimentaires. Dans son rapport au parlement de 2016 l’Observatoire montre que si les prix des denrées alimentaires n’ont cessé d’augmenter au cours des dernières décennies, ce ne sont pas les producteurs qui se sont enrichis, bien au contraire. Ainsi, si on prend l’exemple de la viande bovine, le prix au détail a progressé d’environ 64% entre 1992 et 2014. En 2014 la marge des agriculteurs représentait 47,3% du prix, celle des abattoirs et industriels 20,9% et celle des distributeurs 26,6%. La situation est pire pour l’éleveur de poulet dont la marge ne représentait que 31,5% du prix de vente (34,4% en 2011), alors que celle de la Grande Distribution était de 41,8% (38,0%).  La Grande Distribution, qui ne fait que distribuer et ne produit rien, reste la grande gagnante, tandis que les consommateurs continuent de devoir faire des choix et que les agriculteurs continuent de disparaître. C’est un choix de civilisation…

Prix et marges des aliments (2015)

Prix et marges des aliments (2015)

 

 

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