Cinq milliards d’êtres humains

L’explosion démographique

L’Almanach Cousteau de l’Environnement – Perspectives – pages 25-26

En 1981 les experts, observant sa croissance quasi exponentielle, estimaient que la population du globe atteindrait cinq milliards de personnes en 1987, ce qui s’est avéré tout à fait exact. D’abord l’avènement de l’agriculture et de l’élevage, puis la révolution industrielle, les progrès de la médecine (en particulier les antibiotiques et les vaccins) ont permis à l’homme de voir son espérance de vie progresser significativement. Dans les pays occidentaux cette croissance démographique a été compensée par un effondrement de la natalité. Il n’en a pas été de même dans les pays en voie de développement qui ont bénéficié des technologies modernes sans contrepartie d’un développement économique et éducatif nécessaire à une diminution des naissances. La population de ces pays a donc véritablement explosée, annulant les bénéfices des progrès de l’agriculture et de la santé. En 1981 les perspectives de guerre pour l’espace, l’énergie, l’eau ou la nourriture se précisaient déjà.

Explosion démographique

Explosion démographique (estimation Nations Unies)

Qu’avons-nous fait de ces 35 dernières années ?

La population mondiale a continué d’augmenter, avec cependant un taux d’accroissement naturel (différence entre le taux de natalité et le taux de mortalité) qui n’a cessé de diminuer. Au début de l’année 2016 nous sommes 7,2 milliards d’êtres humains à vivre sur une même planète, la seule à notre disposition. Les experts des Nations Unies ont établi des projections démographiques basées sur trois scenarii de fertilité (haute, moyenne, basse) : l’hypothèse la plus haute chiffre la population mondiale à 15,8, milliards à l’horizon 2100, alors que l’hypothèse basse est de 6,2 milliards de personnes.

Il faut parier sur cette dernière hypothèse : Si elle se réalise on ressort gagnant ; sinon on aura d’autres soucis à se faire que d’avoir perdu un simple pari. Puisque cette croissance démographique annoncée dépendra principalement de la natalité en Afrique, il semble judicieux d’accélérer nos efforts pour l’amélioration du niveau de vie sur ce continent. Dans un article paru en aout 2015, le Population Reference Bureau (PRB) prévoit que le continent africain va assister à l’émergence de nouvelles puissances démographiques : le Nigeria, la République démocratique du Congo et l’Éthiopie feront partie en 2050 des dix pays les plus peuplés au monde. Une baisse de la natalité  passe toujours par une amélioration du niveau de vie. La démocratisation de la contraception et la diminution de la mortalité infantile sont deux conditions sine quo non pour que soit accepté le fait de n’avoir qu’un nombre restreint d’enfants par ménage pour assurer la continuité généalogique.

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