Bilan globalement pollué

L’Almanach Cousteau de l’Environnement – Les affaires continuent… – pages 419-420

Site russe de Dzerjinsk (1997)

A la fin des années 70, le bilan écologique de l’URSS était déplorable. Les chalutiers russes détruisaient les écosystèmes des fonds marins. Les baleiniers traquaient les derniers grands cétacés, n’hésitant pas à faire feu sur les canots de Greenpeace qui osaient s’interposer. Le Lac Baïkal en Sibérie était aussi pollué que les Grands Lacs américains. La Volga, le Don et la Lena étaient devenus des fleuves poubelles. L’air de toutes les grandes villes soviétiques était pollué et les concentrations en anhydride sulfureux, en ammoniac, en plomb…dépassaient les valeurs maximales admissibles. Dans la plupart des villes, la concentration en plomb dans l’air était 3 à 4 fois plus importante qu’à Los Angeles, la ville la plus polluée d’Occident. A cette époque, peu d’usines soviétiques possédaient des épurateurs de fumées et peu d’automobiles étaient équipées de filtres à particules. Dans l’Oural, la pollution était si importante que des brigades avaient été créées pour enlever les cendres des toits afin d’éviter qu’ils ne s’effondrent. Au Nord, la toundra était brûlée par les déchets toxiques sur des centaines de kilomètres carrés. Sans oublier les accidents nucléaires passés sous silence, comme celui qui a eu lieu fin 1957 près de la cité de Kychtyn (lire article “Fondre ou ne pas fondre ?“). Il est vrai qu’après l’éclatante victoire soviétique de Spoutnik-1 en 1957, la publicité d’une telle catastrophe faisait mauvais genre. Des dizaines milliers de personnes furent contaminées, on dénombra des centaines de morts et toute la région fut inhabitable pendant des dizaines d’années. La pollution n’était pas un fléau exclusivement capitaliste

La Russie d’aujourd’hui semble vouloir enfin prendre en compte la préservation de l’environnement. Cependant, il faudra sans doute patienter encore quelques décennies pour que les sites industriels et nucléaire soient totalement dépollués (lire article “Un problème indépendant des idéologies“).

La Russie ne pratique plus la chasse à la baleine, alors que le Japon continue cette macabre activité sous couvert d’études scientifiques (lire article “Il y a beaucoup à sauver : Les baleines“). Par contre, la Russie exporte chaque année en Chine une centaine de mammifères marins vivants, essentiellement des bélougas, mais aussi des orques, animaux qui se distinguent par une intelligence supérieure, un  faible taux de reproductibilité et une espérance de vie en captivité limitée.

Le Lac Baïkal a été classé au Patrimoine Mondial en 1996, mais il reste menacé, notamment par une algue, la spirogyre, qui prolifère à cause des rejets d’eaux d’égouts (lire article “Il y a beaucoup à sauver : Le Lac Baïkal”). Vladimir Poutine aurait demandé en août 2017 la mise en œuvre de mesures pour réparer le préjudice écologique infligé à la plus grande réserve d’eau douce de la planète.

La Russie a ratifié le protocole de Kyoto (novembre 2004) et s’est engagée en 2015, dans le cadre de la COP21, à réduire de 25 à 30 % ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 par rapport à 1990 (le calcul inclut l’effet de stockage de CO2 par les forêts). Ce ne sont que des déclarations d’intentions, mais c’est déjà un bon début…

 

 

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