Almanach Cousteau de l’Environnement

Almanach Cousteau de l’Environnement

Almanach Cousteau de l'Environnement

Almanach Cousteau de l’Environnement

The Cousteau Society Inc., 1981

1981, c’était l’année où j’obtenais mon baccalauréat.

1981, c’était aussi l’année des grandes manifestations ouvrières pour la sauvegarde de la sidérurgie en Lorraine. Ce combat de toute une population était perdu d’avance puisque tout avait déjà été décidé depuis longtemps par l’Etat, l’Europe et les Maitres de Forges. Ce déclin de tout un bassin économique n’a été qu’une étape dans la disparition progressive de la classe ouvrière française.

1981, c’est aussi la victoire de la gauche avec l’élection de François Mitterrand, l’homme qui était venu cette même année chez moi, à Longwy, faire la promesse de sauver l’emploi en Lorraine. Sots que nous étions d’avoir voulu y croire ! Aujourd’hui, la région de mes racines familiales (depuis plus de 3 siècles) n’est plus qu’une zone économiquement sinistrée. Le seul avantage à la disparition des hauts-fourneaux c’est qu’il n’y a plus ce nuage ocre à l’odeur de soufre qui baignait autrefois le Pays-Haut.

En 1981 j’ai pris vraiment conscience que notre monde se métamorphosait de plus en plus vite, que l’Histoire était comme un train lancé à pleine vitesse dont personne n’a vraiment le contrôle. Cette même année j’ai acheté “L’almanach Cousteau de l’environnement(Ed. Robert Laffont 1981 – The Cousteau Society Inc. ©) et j’ai pris conscience de l’importance de nos choix de société sur notre environnement et sur l’avenir de l’humanité. Ce gros pavé de près de 600 pages, rédigé par une importante équipe de scientifiques et de spécialistes européens et américains, avait pour thème principal la préservation de notre “planète d’eau, merveilleuse et unique”, la seule Terre à notre disposition. Il démontrait comment notre industrie, notre agriculture, notre urbanisme et notre démographie risquaient de la rendre invivable. L’Almanach faisait un véritable tour du monde des problèmes écologiques et proposait des solutions.

Aujourd’hui, en 2016, la défense de l’environnement est Le sujet à la mode, réchauffement climatique oblige. Il y a dans le mode de raisonnement humain une irrésistible pulsion de mort, ce que S. Freud désignait par “Thanatos”. L’homme continue de détruire l’environnement alors qu’il n’ignore plus que la planète qu’il emprunte aux générations futures risque de devenir par sa faute invivable. Ce qui est plus grave encore c’est que ce ne sont pas ceux qui auront contribué à détruire les équilibres fragiles de la vie sur terre qui devront en subir les conséquences, mais leur descendance. Triste héritage !

 

Pourquoi ce blog ?

J’ai voulu savoir ce qui a changé depuis 1981. Qu’avons-nous fait de ces 35 années pour empêcher le désastre que les scientifiques nous prédisent aujourd’hui ?

Ce blog actualise chaque thème évoqué dans “L’almanach Cousteau de l’environnement“ pour établir une sorte de bilan d’”inventaire de vie sur notre planète d’eau“. Je ne voudrais pas que ce blog soit celui de la chronique d’une mort annoncée. J’ose faire le pari audacieux de croire encore en l’homme.

De toute façon je n’ai pas d’autre choix, imitant Pascal lorsqu’il faisait le pari de croire en Dieu : “Vous avez deux choses à perdre : le vrai et le bien, et deux choses à engager : votre raison et votre volonté, votre connaissance et votre béatitude ; et votre nature a deux choses à fuir : l’erreur et la misère. Votre raison n’est pas plus blessée, en choisissant l’un que l’autre, puisqu’il faut nécessairement choisir. Voilà un point vidé. Mais votre béatitude ? Pesons le gain et la perte, en prenant croix que Dieu est. Estimons ces deux cas : si vous gagnez, vous gagnez tout ; si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu’il est, sans hésiter.” (Blaise Pascal, Pensées – 1670)

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