1981, déjà le réchauffement climatique…

1981, déjà le réchauffement climatique…

L'ours perdu

L’ours perdu

L’Almanach Cousteau de l’Environnement – Perspectives – pages 29-31

L’accroissement exponentiel de la population mondiale au XXème siècle n’est pas dû uniquement aux progrès de la médecine, de l’hygiène et des technologies. L’agriculture a bénéficié de conditions climatiques exceptionnellement propices qui ont favorisé une abondance de nourriture. Ce n’était pas le cas pendant les trois siècles précédents, pendant la ”petite ère glaciaire“, lorsque des fleuves gelaient entièrement en Europe, lorsque les glaciers progressaient. La civilisation a pu se développer dans une période interglaciaire qui dure généralement entre 10 000 et 20 000 ans. En 1981 les climatologues s’interrogeaient sur l’entrée dans la prochaine ère glaciaire. La température du globe avait commencé à baisser dans les années 40, en partie à cause des poussières des cheminées d’usines qui filtraient les rayons du soleil.

En 1981 il était déjà question de l’empreinte de l’humanité sur l’évolution climatique. On avait déjà observé que la température était légèrement plus élevée d’environ 2°C dans les villes et les régions déboisées. L’utilisation massive d’énergie fossile libérait déjà dans l’atmosphère des quantités monstrueuses de gaz carbonique qui pouvait, on le savait, entraîner un réchauffement général du climat terrestre, par un phénomène d’effet de serre.

En 1981, les climatologues établissaient qu’une élévation de la température moyenne du globe de l’ordre de 2 à 3°C équivaudrait à une gigantesque redistribution des équilibres écologiques, avec une restriction des surfaces agricole et un accroissement des zones désertiques. Il était aussi question de fonte des glaces polaires et d’élévation du niveau des mers de plusieurs dizaines de mètres.

 

Qu’avons-nous fait depuis 35 ans pour empêcher que cela n’arrive ?

Rien du tout, au contraire, nous avons fait le nécessaire pour accélérer le phénomène, nous les êtres les plus intelligents de la planète.

Conséquence probable de notre aveuglement : La majorité des climatologues qui se sont réunis en 1988 au sein du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) pensent que les phénomènes induits par l’émission des gaz à effet de serre vont se poursuivre et s’amplifier et qu’il ne faut plus parler de changement climatique mais de catastrophe climatique annoncée.

En décembre 2015 les états du Monde entier se sont réunis pour la vingt-et-unième fois pour faire des déclarations concernant leur volonté d’agir pour le climat (COP 21 à Paris). Peut-être laisserons-nous à nos enfants une planète vivable… en attendant la prochaine ère de glaciation.

Il ne faut pas voir dans ces propos un pessimiste exagéré. Nous sommes en train de vivre une troisième révolution industrielle (selon Jeremy Rifkin), celle du numérique, de la robotique, des biotechnologies. Si les avancées technologiques sont exponentielles, cette révolution semble ne pas s’accompagner de progrès social et humain, au contraire. La lutte contre le réchauffement climatique risque de passer au second plan pour des hommes dont la principale préoccupation sera de survivre.

 

Pour prendre un peu de recul  : Évolution de la température moyenne sur terre (© Richard Harwood 2011) :

Évolution de la température moyenne sur terre

Comments are closed