Les mécanos de l’espace

Satellite de communication

Satellite de communication

L’Almanach Cousteau de l’Environnement – Perspectives – page 58-61

En 1981 la NASA espérait lancer dans l’espace, avant le XXIème siècle, de gigantesques satellites (19,3 x 4,8 km2) chargés de transmettre l’énergie solaire à la terre, 24 heures sur 24, en s’affranchissant des cycles jour/nuit (sauf pendant quelques minutes d’éclipse par an). Ces Centrales Solaires Orbitales, imaginées en 1968 par le scientifique américain Peter Glaser, devaient fournir chacune 10 MW d’électricité. L’énergie devait être ensuite envoyée en direction de la terre sous forme de microondes. Ces satellites auraient coûté quelques milliards de dollars et il en aurait fallu une centaine pour couvrir 30% des besoins des USA. La NASA estimait que le montage dans l’espace d’un seul satellite de plus de 90 000 tonnes aurait nécessité pas moins de 550 ouvriers qui se seraient relayés en utilisant 10 vols journaliers de navettes spatiales. En 1981 on connaissait encore mal les effets sur la santé de ces vols spatiaux. On n’en savait pas plus sur les effets des flux de microondes (censés être dirigés vers des antennes réceptrices) sur les écosystèmes. De plus, capter de l’énergie dans l’espace pour l’envoyer sur terre aurait sans doute eu pour conséquence un réchauffement de l’atmosphère.

Dans le même temps, la NASA misait sur sa future navette spatiale pour réduire de moitié les coûts de lancement des satellites de communication. Il était question de transmettre par satellite un nombre grandissant de courriers électroniques pour le monde des affaires, des programmes de télévision, des appels téléphoniques reçus par des téléphones de poche. Les auteurs de l’Almanach Cousteau de l’Environnement estimaient que les communications par satellites seraient peu onéreuses et que cette technologie bénéficierait aux pays en voie de développement. Ils estimaient que la construction de “fermes d’antennes” en orbite géostationnaire (36 200 km de la terre) devait débuter en 1985.

 

Qu’avons-nous fait depuis 1981 ?

En 2016, il n’existe toujours pas de centrale solaire orbitale (CSO) placée en orbite haute pour renvoyer l’énergie solaire vers la surface de la terre sous forme de faisceau micro-onde ou de laser infrarouge. La principale raison est que les coûts de lancement sont beaucoup trop onéreux pour que cette technologie soit économiquement viable. Des projets sont à l’étude depuis des années aux USA, au Japon (Mitsubishi1), en France (Astrium, filiale spatiale d’EADS) et même en Chine. La transmission sans fil d’énergie par microondes sur de grandes distances est aujourd’hui possible (148 km à Hawaï en 2008).

La télévision par satellite, les messages électroniques et les téléphones mobiles font bien partie de notre quotidien, comme le supposaient les auteurs de l’Almanach Cousteau. Par contre, ces derniers faisaient preuve de beaucoup d’optimisme pour ce qui est de l’accessibilité du téléphone satellite et d’autres TIC aux plus démunis.

 

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