10 coûts cachés

L’Almanach Cousteau de l’Environnement – Coûts cachés – pages 227-228

Coûts cachés de l'automobile

 

Quelques coûts cachés relevés par l’Almanach Cousteau de l’Environnement en 1981 et qui restent d’actualité :

  • Selon une étude de l’OCDE le coût caché de l’automobile dans les pays industrialisés à la fin des années 70 représentait environ 5% du PIB. Ce coût prend en compte l’impact négatif de l’automobile sur la santé humaine, le réchauffement climatique et la biodiversité…. Selon une étude allemande de décembre 2012, ces coûts cachés, estimés à 373 milliards d’euros par an dans l’Union Européenne (soit 3,8% du PIB), devront être supportés en grande partie par les générations futures.
  • A la fin des années 70, des dizaines d’espèces de plantes et d’animaux des forêts tropicales disparaissaient chaque jour, avant que leurs éventuelles vertus thérapeutiques puissent être découvertes. Ce gâchis n’a fait qu’empirer au cours des 35 dernières années (lire article “Manaus et l’enfer vert d’Amazonie” ) et nous assistons, sans nous en émouvoir, à la sixième extinction massive des espèces, après celle des dinosaures (lire article “Espèces animales disparues” ).
  • A la fin des années 70, le coût total des maladies provoquées par l’environnement aux Etats-Unis était estimé à 35 milliards de dollars par an. En 2008, ce coût a été estimé à 76.6 milliards de dollars… uniquement pour les enfants. Cette progression n’est pas due uniquement à une dégradation de l’environnement, mais aussi à une meilleure prise en compte de son impact, direct ou indirect, sur la santé. En 2012, vivre ou travailler dans un environnement malsain a causé la vie à 12,6 millions de personnes, ce qui représente 23% de tous les décès (OMS).
  • En 1980 l’OMS estimait à 4 milliards de francs (~1,9 milliards euros actuels) le coût du bruit excessif sur la santé des français. En 2016, le Conseil National du Bruit a évalué les coûts sociaux induits par la pollution sonore à 57 milliards d’euros par an (soit 3% du PIB) ! Le coût sur la santé de la pollution sonore due aux transports s’élèverait à 11,5 milliards d’euros.
  • En 1980 le coût annuel de traitement et de stockage des déchets dangereux était estimé à 530 millions de dollars. Aujourd’hui, plus de 440 millions de tonnes de déchets toxiques sont produits chaque année dans le monde. Ces déchets peuvent contenir des produits chimiques, des métaux lourds, des éléments radioactifs, des agents pathogènes ou des toxines. Pour des raisons purement économiques, ils sont souvent exportés des pays développés vers les pays en développement, parfois illégalement, pour y être traités ou simplement stockés (lire article “Elisabeth, New Jersey, la chimie américaine”). C’est une nouvelle forme de colonialisme, “le colonialisme toxique”.
  • Une expérimentation animale pour tester un nouveau médicament contre le cancer coûtait environ 1,2 millions de francs en 1980 (~0,57 millions d’euros actuels). Aujourd’hui, bien que le coût de la recherche et du développement ait diminué, les prix des nouveaux médicaments, basés le plus souvent sur des mécanismes biologiques mis en évidence par des recherches académiques ne coûtant rien à l’industrie pharmaceutique (les fonds publics contribuent à hauteur de 84,2% de la recherche fondamentale mondiale pour la santé), explosent (ce qui a poussé 110 pontes de la cancérologie française à signer une pétition). Le coût de développement d’un médicament reste difficile à estimer, entre 0,13 et 2,59 milliards de dollars, selon le mode de calcul.
  • Si le cuivre gaspillé en 1971 aux Etats-Unis avait été vendu sous forme de fil cuivre, le chiffre d’affaire aurait été de 5 milliards de dollars. Aujourd’hui, nous savons que nos ordures sont devenues de véritables mines de métaux qui devront être exploitées, compte tenu de l’épuisement annoncé des minerais (lire article “Des mines dans nos ordures”).
  • En 1980 l’État Français dépensait plus d’argent pour lutter contre le cancer du poumon et du pharynx qu’il n’en récupérait avec la taxe sur la vente du tabac. C’était la même chose pour les cancers digestifs et l’alcool. Le tabac et l’alcool rapportent aujourd’hui à l’État français plus de 15 milliards d’euros de taxes. Selon une étude publiée en 2015 par l’Observatoire Français des Drogues et Toxicomanie (OFDT), le poids économique de la consommation d’alcool et de tabac s’établit à 120 milliards d’euros pour chacune de ces substances. Contrairement à une idée reçue, fumer et boire de l’alcool ne contribue pas à enrichir le pays.

 

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